[Live Report] Volcanic Fest 2026 : jour 2
Samedi matin, deuxième round ! Après une première journée qui nous a déjà bien secoué les cervicales, pas question de laisser refroidir le Volcanic Fest. La nuit ayant permis de récupérer, de recharger les batteries des appareils photo et de reprendre quelques forces, nous voilà de nouveau prêts à retourner dans le pit.
Cette deuxième journée s’annonce éclectique avec une succession de groupes venus défendre des univers radicalement différents : Heavy, Prog, Death, Rock, Metal alternatif, Hardcore… il y en aura pour toutes les oreilles. Et comme la veille, le Volcanic Fest continue de mélanger valeurs sûres, découvertes et formations qui méritent largement qu’on s’y attarde.
Le public commence progressivement à investir les lieux, les premiers riffs vont bientôt résonner dans le C.A.B.L. et les hostilités peuvent alors reprendre. Deuxième journée, nouvelle fournée ! Allez, on remet ses bouchons d’oreilles et on retourne au front !
Programme du Samedi 25 juillet :
Crystal Throne / Wedingoth / Amon Sethis / Naraka / Emerald Moon / Charcoal / Waking the sleeping bear / Feat the Sun / Heavylution / Eight Sins / Silver Dust / Klone / Sickmind
CRYSTAL THRONE
C’est sur les douze coups de midi que CRYSTAL THRONE investit la scène pour ouvrir cette deuxième journée du Volcanic Fest. Et pour bien démarrer la journée, quoi de mieux qu’une bonne rasade de Heavy Progressif ?
Petite particularité qui nous fait forcément plaisir, on retrouve à la guitare Max Yme, le youtubeur Metal que nous suivons depuis quelques années. L’occasion de voir enfin en live ce que donne son jeu de guitare ! Mais pas question pour autant de réduire CRYSTAL THRONE à son guitariste/co-fondateur. La formation est particulièrement solide à tous les postes. Par ailleurs, derrière les fûts, on reconnaît également Guillaume, qu’on avait découvert en 2023 avec PHOEBUS THE KNIGHT et qui officie aujourd’hui au sein de HARTLIGHT.
CRYSTAL THRONE revendique son appartenance à la « New Wave of French Heavy Metal » et, dès les premiers morceaux, on comprend pourquoi. Le groupe puise clairement dans les sonorités du Heavy des années 80, aussi bien dans ses riffs et ses solos que dans son esthétique, tout en y ajoutant une touche plus moderne et surtout une belle dose de technicité. Le set ne dure malheureusement qu’une petite demi-heure. Max ne manque d’ailleurs pas de souligner l’ironie de la situation : « On est super contents de faire 11 heures de route pour venir jouer devant vous 30 minutes ! » Mais les quelques festivaliers déjà présents à cette heure matinale ont largement de quoi se mettre sous la dent. Car oui, c’est technique ! Les compositions sont riches, les riffs efficaces et les solos particulièrement soignés. La guitare occupe évidemment une place de choix et, pour les amateurs du genre, c’est du petit nectar. Mais surtout, l’ensemble reste suffisamment puissant et accrocheur pour ne jamais tomber dans la simple démonstration de virtuosité. Le groupe nous joue notamment « Children of the ruins », dernier single en date, avant de repartir avec la promesse d’un deuxième album attendu cet automne, après une campagne de financement participatif couronnée de succès.
Un set court mais intense pour commencer la journée. CRYSTAL THRONE confirme qu’il faudra suivre de près cette jeune formation qui semble déjà avoir parfaitement compris comment faire sonner le Heavy Progressif.
WEDINGOTH
Le voyage progressif made in Lyon
Ce qu’on apprécie particulièrement dans les festivals, et on ne cessera pas de le répéter, c’est ce concentré de groupes qu’on n’a pas forcément l’occasion ou le temps de voir habituellement, alors même qu’on en entend régulièrement parler. WEDINGOTH en est justement un parfait exemple.
Originaire de la scène lyonnaise, le groupe évolue dans un univers Rock/Metal Progressif construit autour de son guitariste Steven. Le line-up ayant évolué au fil des années, la formation semble aujourd’hui avoir trouvé une belle stabilité. Nous connaissions surtout WEDINGOTH sur albums. Le Volcanic Fest est donc l’occasion de découvrir enfin leur version live. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le voyage fonctionne aussi très bien sur scène. La musique invite naturellement à prendre son temps. Aussi, on ouvre grand les oreilles et on se laisse porter par les mélodies. La voix douce et charismatique de Céline y est évidemment pour beaucoup, tout comme les compositions de Steven, à la fois mélodieuses, accrocheuses et capables de monter en puissance. On se surprend même à fermer les yeux quelques instants pour mieux entrer dans les morceaux. Dans le public, l’écoute est attentive mais loin d’être passive : ça tape volontiers dans les mains lorsque la rythmique s’y prête.
Les musiciens maîtrisent parfaitement leur sujet et assurent une base solide derrière les envolées de guitare. Mention spéciale personnelle pour le jeu de basse, qui apporte une vraie profondeur à l’ensemble et mérite qu’on tende un peu plus l’oreille.
Par ailleurs, dans l’oreillette, une petite information circule déjà comme quoi un cinquième album serait en préparation…
AMON SETHIS
Voyage au cœur de l’Égypte Antique
Là encore, le Volcanic Fest nous permet de rattraper un petit retard. AMON SETHIS est un groupe qui tourne depuis bientôt vingt ans et qu’on avait pourtant jamais eu l’occasion de voir en live. C’est donc parti pour un voyage dans le temps… et direction l’Égypte Antique !
Formé en 2007 du côté de Grenoble, AMON SETHIS construit depuis ses débuts des albums conceptuels autour des VIe et VIIe dynasties des pharaons d’Égypte. Une période historique finalement assez méconnue, qui offre au groupe un terrain de jeu original pour développer son univers musical. Et dès l’introduction, le décor est planté. Julien, au chant, apparaît masqué deux torches à la main. Une fois le masque retiré, on découvre un œil d’Horus soigneusement maquillé autour de son œil droit. Le voyage peut alors commencer avec « Dawn of an apocalyptic world ».
Musicalement, AMON SETHIS évolue dans un Metal Progressif épique, riche en changements de rythme et en ambiances. La setlist fait la part belle aux deux derniers albums avec notamment « Lamentations », » The rise of the tyrant » ou encore « The blood red temple ». Les longues plages instrumentales et les différentes atmosphères donnent véritablement l’impression de traverser les âges.
Mais la musique n’est qu’une partie du spectacle. En effet, chez AMON SETHIS la théâtralisation occupe une place importante. Elle prend une nouvelle dimension sur « Kubatalawa », lorsque Melainya fait son apparition pour une performance mêlant danse et manipulation du feu. Nous avions déjà eu l’occasion de la voir l’année dernière aux côtés de SETH à La Moba, et son intervention apporte ici une nouvelle fois une sacrée touche visuelle au show.
Par ailleurs, lorsque Julien lance au public : « Vous êtes prêts pour rejoindre l’armée du pharaon ? », difficile de ne pas se prendre au jeu. À ce moment-là, si un régiment coiffé de khat et armé de khépesh avait débarqué dans la salle, on n’aurait même pas été surpris !
Le show se termine doucement avec « Osiris, God of the dead », puis l’enivrant « From dust to the stars » comme final. AMON SETHIS achève ainsi ce voyage initiatique dans une ambiance presque hypnotique, le temps d’un set redoutablement immersif.
NARAKA
Une descente aux enfers en bonne et due forme
Voilà un des groupes de l’affiche du Volcanic Fest qu’on attendait particulièrement ! Après avoir poncé leurs deux albums, il était enfin temps de découvrir NARAKA en live. Et avant même que le groupe ne monte sur scène, on est déjà conquis par l’immense backdrop reprenant la pochette de leur premier album. Même depuis le fond de la salle, ça en jette sévèrement. Oui, on aime leur univers graphique !
NARAKA désigne les enfers dans plusieurs cultures orientales dont l’hindouisme et le bouddhisme. Autant dire qu’avec leur mélange de Death, Thrash et quelques touches de Black, on ne tarde pas à y faire un petit séjour.
La formation que nous découvrons ce jour-là est d’ailleurs différente de celle des albums. Pas de Franky Costanza, principalement présent derrière les fûts en studio, mais c’est Jo Darlington qui prend sa place. Et malgré son gabarit plutôt discret, mieux vaut ne pas se fier aux apparences. Les blasts qu’elle envoie sont proprement monstrueux ! Elle martèle les fûts avec une puissance et une précision qui donnent rapidement envie de vérifier si nos cervicales sont toujours en place.
Au chant, Ever, arrivé dans le groupe début 2025, fait lui aussi ses preuves. Headbanging à répétition, growls bien gutturaux et une belle énergie sur scène. Quant à la guitare, le membre fondateur Jean-Philippe Porteux assure les riffs avec précision. Le tout donne un set costaud où les compositions prennent une dimension encore plus percutante en live.
La setlist est parfaitement équilibrée avec quatre titres du premier album In Tenebris puis quatre du second Born in Darkness. En plein milieu du set, « Blazing Sun » nous plonge directement dans les abîmes : riffs agressifs, batterie acharnée, growls ravageurs et même un refrain en chant clair, étonnant et particulièrement envoûtant. Et pour terminer cette descente aux enfers, « Hellhound » vient nous achever avec une efficacité redoutable.
Le seul petit bémol viendra finalement du public, encore un peu timide en ce début d’après-midi. Probablement davantage occupé à digérer qu’à retourner la fosse. A moins qu’ils aient tous été hypnotisés par la prestation, plus sulfureuse cette fois-ci, de la performeuse Melainya. Bref, nous, on a kiffé grave et on a pris la claque qu’on était venu prendre.
EMERALD MOON
Allez, on souffle un peu. Après la déferlante Death de NARAKA, changement radical de décor avec EMERALD MOON et son Rock aux délicieuses saveurs seventies. Composé de cinq musiciens aguerris, dont la talentueuse Vanessa Di Mauro au chant, le groupe nous replonge dans les grandes heures du Rock des années 70. Guitares omniprésentes, sonorités vintage et chant aux accents Blues/Rock.
Le groupe défend son premier album, sorti il y a tout juste un an, et en joue pas moins de huit titres ce jour-là.
Dès « When there’s a will, there’s a way », le ton est donné avec une touche Southern, un refrain accrocheur et quelques accents qui pourraient rappeler Lynyrd Skynyrd. Mais EMERALD MOON ne se contente pas de jouer la carte de la nostalgie. Les deux guitaristes sont de véritables orfèvres du manche et se répondent tout au long du set avec des riffs et des solos flamboyants. On pense forcément à quelques grands noms comme Led Zeppelin, Deep Purple ou Thin Lizzy, sans que le groupe ne tombe dans le simple exercice de reproduction.
En milieu de set, Vanessa nous prévient : « On aime le Rock mais on aime aussi le Blues. Et le morceau suivant est sans doute le plus Blues de nos morceaux. » Place alors à « Worry », sans doute l’un des moments forts de la prestation. Une ambiance plus Bluesy, une voix vibrante qui monte progressivement en puissance et un solo de guitare particulièrement inspiré avant une belle montée finale.
Après la fureur de NARAKA, ce Rock’n’Roll plus posé aurait pu sembler difficile à imposer. Pourtant, la recette fonctionne parfaitement. Le public se laisse porter par cette parenthèse vintage et l’ambiance devient rapidement chaleureuse. Le groupe termine avec « The sky’s the limit », titre éponyme de l’album, et laisse tout le monde avec le sourire. Une belle bouffée de nostalgie, mais surtout une prestation pleine d’ondes positives qui nous rappelle que le Rock des seventies a encore de beaux jours devant lui !
CHARCOAL
Après LOCOMUERTE la veille, voilà un deuxième groupe de l’affiche à être signé chez le label montpelliérain M&O Music. Place cette fois au Hard Rock de CHARCOAL ! Il est donc 16h lorsque Cyrille à la basse et au chant, Damien et Stef aux guitares puis Fabrice derrière les fûts prennent position. Après avoir écumé de nombreuses scènes et festivals ces deux dernières années, le quatuor est désormais parfaitement rodé pour le live.
Dès leur arrivée sur scène, difficile de ne pas remarquer que Cyrille a un petit air de Lenny Kravitz, aussi bien dans le look que dans l’attitude. Mais derrière cette gueule de Rock Star, c’est surtout un bassiste-chanteur qui mène ses troupes avec une belle énergie.
Musicalement, CHARCOAL ne cherche pas à réinventer la poudre et assume un Hard-Rock teinté de Sleaze, avec des influences allant chercher dans les seventies jusqu’aux sonorités plus musclées des années 80 et 90. La parfaite transition pour repartir crescendo, mais pas trop vite, en intensité après EMERALD MOON. La recette made in CHARCOAL se composent donc de riffs efficaces, une rythmique dynamique et surtout des refrains faits pour être repris en chœur. Une recette simple mais diablement efficace.
La setlist fait la part belle à quelques titres issus de leur E.P sorti en 2024, comme « Thin lady lizzy » ou « Fat bottom girl ». D’autres compositions du groupe ont vu le jour depuis avec notamment « Eat my fist », « Hey Doc » ou encore « Mexico ». Sur scène, les musiciens ne restent d’ailleurs pas cantonnés à leurs positions. L’un des guitaristes ira même faire un petit tour au milieu de la fosse en plein morceau. CHARCOAL fait le boulot, sans prise de tête, avec cette complicité entre les quatre musiciens qui finit naturellement par contaminer le public. En bref, une bonne dose de Hard Rock bien fédérateur !
WAKING THE SLEEPING BEAR
L’ours sort de sa tanière !
Encore un nom à l’affiche que le Volcanic Fest nous permet enfin de découvrir en live : WAKING THE SLEEPING BEAR. Et si vous ne connaissez pas encore le groupe originaire du Jura, son frontman Adrien nous donne lui-même la meilleure définition pendant le concert : « On va revenir dans les années 90. On va faire du Néo Metal. »
Alors oui, la filiation avec le Néo est évidente, notamment dans ce mélange de Metal et de phrasé rappé, mais WAKING THE SLEEPING BEAR ne se limite pas à ça. Leur musique navigue entre Metal, Metalcore, électro et influences plus modernes, avec surtout une grosse dose de colère et de mélodie.
Le groupe démarre avec « Grands maux », morceau d’ouverture de leur deuxième album Grands Maux, Grands Remèdes – Partie 1, sorti en septembre 2025. Le titre commence presque calmement, avec un phrasé proche du Rap, avant de gagner progressivement en intensité et de finir sur une séquence nettement plus agressive. Une belle entrée en matière qui donne déjà un aperçu de la palette du groupe. Ils enchaînent avec « Le goût de la peur au ventre », où la lourdeur Metalcore vient renforcer l’ensemble. Mais au-delà des riffs, c’est surtout le travail d’écriture qui retient l’attention. Les textes sont en français, bien travaillés et surtout loin d’être là pour meubler. Le groupe a clairement des choses à dire : le temps qui passe, les angoisses, la société, l’avenir, les désillusions… et forcément, la contestation n’est jamais très loin. Et visiblement, cette colère communicative fonctionne ! Le pit commence à se réveiller avec les premiers circle pits, avant qu’un wall of death ne se forme sur « Dernier satellite ». Les ours du public sont officiellement sortis de leur sommeil !
Trois titres du premier album La tête à l’envers viennent ensuite compléter la setlist avec « Plus rien à perdre » et « Porno future », entre autres. On retrouve parfois quelques petites réminiscences de MASS HYSTERIA, mais WAKING THE SLEEPING BEAR possède suffisamment de personnalité pour imposer son propre univers. Musicalement, ça percute là où il faut : riffs efficaces, chant acéré, samples et éléments électroniques parfaitement intégrés aux compositions. Et lorsque arrive « Le feu par le feu », le volcan entre franchement en éruption. Adrien lance alors un « On va faire un doigt d’honneur au gouvernement ! » qui suffit à mettre définitivement le feu au pit. Ça saute, ça bouge et ça hurle dans tous les sens !
Entre rage, réflexion et quelques touches d’espoir, WAKING THE SLEEPING BEAR nous offre finalement bien plus qu’un simple retour aux sonorités Néo des années 90. L’hibernation est terminée, les ours sont réveillés… et visiblement, ils comptent aussi nous sortir de ce qui nous endort !
FEAT THE SUN
Pendant que la pluie décide de s’inviter à la fête à l’extérieur, c’est un véritable déluge qui s’abat sur Andrézieux-Bouthéon. Quelques petites fragilités au niveau de la toiture obligent même la régie à être rapidement mise à l’abri sous des barnums. Mais l’organisation et les bénévoles réagissent au quart de tour et tout rentre rapidement dans l’ordre.
Le timing est plutôt bien trouvé puisque le groupe suivant s’apprête justement à monter sur scène. Et pour une formation baptisée FEAT THE SUN le destin a visiblement décidé de jouer avec nous. Le soleil, lui, vient de tirer sa révérence ! Mais qu’importe la météo, les six musiciens grenoblois débarquent avec « Invincible ». Les premières guitares saturées nous orientent d’abord vers le Rock, avec des accents Pop qui pourraient presque nous faire nous demander si le programmateur ne s’est pas trompé de festival. Mais quelques minutes suffisent pour comprendre que non et que FEAT THE SUN a parfaitement sa place ici. Car leur Rock alternatif va finalement devenir notre rayon de soleil au milieu de l’orage. Et là, difficile de trouver les mots. Pas parce qu’il n’y aurait rien à raconter, bien au contraire. Simplement parce que leur prestation fait partie de ces moments où l’émotion prend le dessus sur l’analyse. C’est beau, sincère, énergique et surtout incroyablement communicatif.
Sur scène, ça bouge énormément, particulièrement du côté de Farès, au chant et à la guitare, tandis que la douceur de Lucille apporte une présence tout aussi importante au chant. Les deux voix se complètent parfaitement et portent des compositions majoritairement écrites en français. Le groupe joue avec une énergie impressionnante pour une formation aussi jeune et semble déjà parfaitement maîtriser les codes du live, jusqu’aux changements de tenues qui donnent presque l’impression d’assister à un concert en plusieurs actes.
La setlist navigue constamment entre émotion et énergie. On découvre notamment une surprenante version musclée de « Ma meilleure ennemie » de Stromae, tandis que « Paralyzed », chanté en anglais, provoque un joli moment de folie avec un wall of death déclenché par un growl particulièrement inattendu de Lucille.
Puis arrive « Aria », et là mention spéciale avec les félicitations du public. Toute la salle reprend les fameux « la la, la la, la la » en chœur. Farès peut alors lancer avec le sourire : « Le temps de 45 minutes, le Volcanic Fest, vous avez fait de nous de vraies rockstars ! » Et on sent clairement que l’échange fonctionne dans les deux sens.
Ensuite, petit retour au calme avec « Texture », une jolie parenthèse qui apaise les esprits. Sur le côté de la scène, un couple enlacé improvise un slow avant de finir par s’embrasser. Un petit moment suspendu qui résume finalement assez bien l’ambiance créée par le groupe.
Et puisqu’on parle de rockstars, autant terminer avec « Rockstar » ! Le morceau, porté par des riffs et un refrain particulièrement accrocheurs, fait une dernière fois chanter le public avant de laisser les Grenoblois quitter la scène.
45 minutes de bonheur, tout simplement. Le soleil n’était peut-être plus dehors, mais il était bel et bien sur scène. Une prestation lumineuse, généreuse et pleine d’émotions qui nous donne une furieuse envie de suivre FEAT THE SUN de près. Et si l’occasion se présente de les revoir, on ne réfléchira clairement pas deux fois !
HEAVYLUTION
On reste dans le secteur puisque c’est au tour de HEAVYLUTION, originaire de Saint-Étienne. Et comme son nom le suggère, le groupe évolue dans le Heavy Metal… mais avec des touches de Thrash.
La voix de son chanteur nous rappelle par moments les grandes références du genre, notamment Bruce Dickinson.
De son côté, le public, désormais bien plus fourni qu’en début de journée, répond présent dès les premiers riffs. Aussi, il faut dire que le groupe assure un set énergique et convivial, porté par des guitares techniques, des échanges de solos et un chant puissant.
Après un premier album sorti en 2015, il aura fallu attendre 2025 pour voir arriver The Cycle. La setlist joue d’ailleurs la carte de l’équilibre en piochant dans les deux albums. Trois titres du dernier opus s’enchaînent ainsi en milieu de set, dont « Deadly Science », qui fait particulièrement mouche avec son riff de guitare, un refrain accrocheur et un solo de guitare incandescent.
Sur scène, du Heavy old school, un peu de Thrash pour muscler le tout et suffisamment d’énergie pour faire bouger les cervicales. Et vu la complicité dans le public, visiblement, les Stéphanois avaient trouvé la bonne fréquence pour faire headbanguer le Volcanic Fest.
EIGHT SINS
Avec EIGHT SINS, on passe au Crossover, à mi-chemin entre Thrash et Hardcore. Formé en 2006 par une bande de potes, le groupe s’est depuis forgé une solide réputation sur scène avec une philosophie assez simple : donner tout ce qu’il a, quoi qu’il arrive. Et autant dire qu’au Volcanic Fest, ils ne vont pas déroger à la règle.
Par ailleurs, on apprécie leur univers et leurs références à la pop culture. Le backdrop reprend notamment l’artwork de leur dernier album Straight to Namek, avec un joyeux mélange de personnages qui naviguent entre DBZ et Terminator. Le décor est planté !
Côté setlist, le dernier album est largement représenté et le groupe attaque avec « Slice of Doom », rapidement suivi d’« Acid Hole ». Deux titres qui annoncent un set qui ne va clairement pas lever le pied.
Loïc au chant est rapidement dans son élément et, plutôt que de laisser le public tranquille, il lance : « Y a un problème avec ce Fest, c’est que la sécu n’est absolument pas débordée. Je veux plus de slammers ! » Aussitôt dit, aussitôt fait. Une véritable marée de stage diving envahit la fosse. Et puisque ça ne suffit toujours pas, place ensuite aux accessoires : « On va distribuer les artefacts de la bagarre ! » Et voilà le public qui se retrouve équipé de frites de piscine. La fosse de transforme ainsi en une gigantesque bataille de mousse dans un joyeux bordel mais toujours dans cette ambiance bon enfant.
EIGHT SINS enchaîne ensuite les réjouissances avec un circle pit dédié uniquement aux filles qui rassemble un sacré paquet de guerrières qui finiront en pogo. Une belle séquence de complicité et de bonne humeur au milieu de la fosse.
Les titres s’enchaînent – « It’s a trap », « Last action zero », « Street Thrash » – et le niveau de n’importe quoi monte encore d’un cran lorsqu’un circle pit se forme autour du cracheur de feu du festival. Oui, pourquoi faire simple quand on peut courir en rond autour d’un mec qui crache des flammes ?
Juste avant « Cops Panic« , les combattants de la troupe Les Cartonnades viennent à leur tour investir le pit pour un duel en armures et armes en carton, sous les commentaires de Loïc. Et évidemment, ce combat improbable se termine comme il se doit par un wall of death généralisé. Chemin faisant, on termine avec « Beers & Moshpit« , dans un dernier déchaînement où le circle pit vient même encercler la régie.
EIGHT SINS aura clairement retourné le Volcanic Fest. Du gros son, du Hardcore, des slams, des frites de piscine, des combats en carton et surtout une énorme dose de second degré. Un set aussi bordélique qu’efficace, exactement comme on l’aime !
SILVER DUST
À 21h30, la nuit est désormais bien installée au-dessus du Volcanic Fest et le ciel ténébreux colle finalement à merveille à l’arrivée de SILVER DUST. La formation suisse cultive depuis 2013 un univers à la croisée du Rock, du Metal et d’une esthétique gothique théâtralisée. Aussi, difficile de ne pas remarquer Lord Campbell dès son entrée en scène. Haut-de-forme, costume de dandy et lentilles blanches. Le frontman a tout du maître de cérémonie venu nous embarquer dans une étrange procession. Chez SILVER DUST, le spectacle ne vient pas simplement accompagner la musique, il en fait pleinement partie.
Le groupe défend toujours Symphony of Chaos, son dernier album paru en avril 2025 chez M&O Music, et la setlist lui fait largement honneur puisque seuls deux titres de l’opus passent à la trappe. L’ouverture avec « Fire! » donne immédiatement le ton : des guitares lourdes, des nappes électroniques et cette voix profonde de Lord Campbell qui installe une atmosphère sombre et envoûtante.
L’intensité monte progressivement avec « I’m flying », puis « Devil’s dance », avant que « The masters of fright » ne fasse encore grimper la température. Lord Campbell rejoignant alors Neiros à la guitare. Musicalement, le titre possède ce petit côté nerveux qui peut rappeler System Of A Down, et le public commence sérieusement à se mettre en mouvement. Puis changement d’ambiance avec « Bette Davis Eyes ». Lord Campbell rappelle que SILVER DUST avait enregistré cette reprise avec le groupe finlandais LORDI : il n’en faut pas davantage pour lancer une version forcément très personnelle de ce classique. La suite retrouve progressivement les sonorités plus sombres du groupe. « Salve Regina » prend une ampleur particulière sur scène, avant que Mr. Killjoy ne prenne le relais pour un solo de batterie assez impressionnant. Le spectacle continue, entre postures travaillées, lumière et ambiance gothique, tandis que la fosse répond désormais présente.
On se laisse facilement happer par cette cérémonie où les morceaux s’enchaînent sans que l’on voie vraiment le temps passer. Après « No matter how far away », Lord Campbell annonce la fin du voyage, présente ses musiciens et remercie le public. Mais il reste encore un dernier acte avec « Symphony of Chaos », qui vient refermer le set avec toute la puissance nécessaire. Une belle plongée dans leur univers, entre Rock Gothique, Metal et atmosphères grandiloquentes.
KLONE
Après une journée déjà bien chargée et une succession de styles, l’arrivée de KLONE offre une véritable respiration. Tête d’affiche de cette seconde journée, le groupe poitevin nous fait basculer comme à son habitude dans une atmosphère beaucoup plus immersive et contemplative.
Dès les premières notes, la salle semble changer de dimension. KLONE prend le temps d’installer ses ambiances, alternant passages délicats et montées en puissance, sans jamais perdre son fil conducteur. La setlist pioche dans la discographie plutôt récente avec notamment « The unseen », « Magnetic », « Meanwhile » ou encore « Nebulous ». KLONE offre ainsi un joli condensé de ce qui fait la force du groupe, à savoir cette capacité à faire cohabiter douceur, mélancolie et puissance.
Et puis il y a Yann Ligner au chant. Plutôt discret dans ses échanges avec le public, le chanteur impressionne surtout par une voix qui résonne magnifiquement dans l’immense salle. Il prendra tout de même le temps de nous confier : « On est ravi de faire partie de cette première salve du Volcanic Fest », avant de révéler que la soirée est aussi particulière puisque Morgan, le batteur, fête son anniversaire.
Après plus de dix groupes depuis midi, ce changement de rythme fait franchement du bien. De son côté, le public reste concentré et réceptif jusqu’au bout. KLONE aura finalement transformé le Volcanic Fest en une bulle hors du temps, le temps d’un set aussi élégant que puissant.
SICKMIND
Après la parenthèse aérienne proposée par KLONE, retour brutal sur terre avec les Bordelais de SICKMIND. On a largement dépassé la barre de minuit mais les derniers survivants de cette deuxième journée du Volcanic Fest n’ont visiblement aucune intention de déclarer forfait. Et ça tombe bien car avec leur Groove Death Metal sombre et dystopique, les quatre musiciens vont rapidement leur fournir une bonne dose d’énergie.
Anciennement connu sous le nom de SILICIUM, le projet poursuit désormais sa route sous l’identité SICKMIND. Et pour cette nouvelle incarnation, pas question de lever le pied. Pendant une grosse demi-heure, les Bordelais enchaînent les riffs lourds, les accélérations brutales et les blasts avec une efficacité redoutable.
Au chant, Arthur est complètement habité. Il arpente la scène dans tous les sens, harangue le public et a bien trop d’énergie pour nous faire oublier l’heure tardive. Dans la fosse, le message est reçu cinq sur cinq. Circle pits, slams et wall of death s’enchaînent alors que certains festivaliers ont pourtant déjà plus de dix heures de concerts dans les jambes. « On est en petit comité, faites-vous plaisir ! » lance d’ailleurs Arthur, comme s’il fallait encore une excuse pour mettre le chaos.
SICKMIND profite également de cette date pour dévoiler en avant-première plusieurs morceaux de son prochain album, attendu en octobre. Parmi eux, « New God », sorti quelques jours avant le festival, vient logiquement refermer le set dans une déferlante de violence. Après cette dernière claque, Arthur remercie le public : « Vous êtes au top. Applaudissez-vous putain ! » Et il a raison car les derniers rescapés peuvent être fiers d’avoir tenu jusqu’au bout.
Quelle deuxième journée ! Entre les riffs millimétrés de Crystal Throne, le voyage dans l’Égypte antique d’Amon Sethis, la violence de Naraka, le retour aux 70’s d’Emerald Moon, le réveil musclé de Waking the Sleeping Bear, la belle surprise Feat the Sun, le Heavy/Thrash de Heavylution, le joyeux bordel orchestré par Eight Sins, l’univers gothique de Silver Dust et le voyage hors du temps proposé par Klone, difficile de trouver le temps de souffler. Et comme si tout cela ne suffisait pas, Sickmind est venu achever les derniers survivants à coups de Death en pleine nuit !
Bref, les organismes commencent à demander une trêve, les appareils photo réclament leur chargeur et les jambes commencent à négocier leur démission… mais le Volcanic Fest n’a pas encore dit son dernier mot. Il reste une journée de concerts, de découvertes et de décibels à traverser. Alors on recharge tout ce qui peut l’être et on remet le couvert dimanche pour la dernière ligne droite de cette première édition !
