A LA UNECONCERTS

[Live Report] Le Rhodanian Fest confirme son ascension avec une deuxième édition explosive

Voilà déjà un an que la jeune association Rhône’s Headbangers nous avait concocté sa toute première édition du Rhodanian Fest, un rendez-vous qui avait rencontré un franc succès. Il était donc tout naturel pour ses organisateurs de remettre le couvert cette année, avec une édition qui montait encore d’un cran.
Le concept reste inchangé. Trois groupes à l’affiche pour animer la soirée, tout en laissant le temps au public de profiter de la fraîcheur du parc de l’Hôtel de Ville de Pont-Saint-Esprit entre chaque concert, de partager un verre et de refaire le monde entre amis ou en famille.
Et quelle affiche ! Les locaux sudistes de VENTRESS ont ouvert les hostilités avec leur Death Metal, avant de laisser place aux Franciliens de JIRO, puis aux surboostés de LOCOMUERTE pour conclure la soirée.
Alors, une question nous trotte dans la tête dès notre arrivée : le baromètre de l’affluence dépassera-t-il celui de l’an dernier ? Réponse en fin d’article.

À peine arrivé sur le site, un premier constat s’impose. Par rapport à la première édition, il semble déjà y avoir plus de monde que l’an dernier à la même heure. Un bon signe, même si cela ne reste qu’un ressenti et que l’on attendra les chiffres post festival de l’organisation pour le confirmer. Il faut dire que les Rhône’s Headbangers ont frappé fort en s’offrant cette année en tête d’affiche LOCOMUERTE, qui un mois auparavant enflammait le samedi matin du Hellfest (Ndlr : Lire notre live report du 3eme jour du Hellfest 2026).
Deuxième constat, comme le dit si bien l’expression « on reprend les mêmes et on recommence« . Ceux qui étaient présents l’an dernier reconnaîtront plusieurs visages familiers. Les jeunes Vauclusiens de SEPTARIA, qui étaient sur scène lors de la première édition, sont cette fois dans le public. Rien de surprenant puisque leur bassiste, Baptiste, officie ce soir en tant que musicien de session avec VENTRESS. On croise également Tristan et Romain, anciens membres du regretté AZELMA (Ndlr : Romain a également participé au Hellfest 2026 en tant que guitariste de session de YAROSTAN). Là encore, le lien est tout trouvé puisque Maëlan, leur batteur à l’époque, est lui aussi derrière les fûts avec VENTRESS ce soir. Et pour compléter ce joli rassemblement de la scène locale, Nono, le chanteur de KR3V, est lui aussi de la partie.
Comme l’an dernier, le public est éclectique. Les générations se mélangent, des plus jeunes aux vétérans du Metal, avec également plusieurs familles venues partager la soirée. Les enfants arborant fièrement leur casque anti-bruit sur les oreilles. Merci, les parents sont heureusement vigilants sur ce point. D’ailleurs, des bouchons d’oreilles sont également mis gratuitement à disposition du public du côté de la buvette où un arrêt au stand s’impose. L’occasion de s’y rafraîchir avec une petite mousse, mais surtout de saluer Ben, président des Rhône’s Headbangers, ainsi que toute son équipe qui ne chôment pas derrière le comptoir. On les quitte en plein effervescence pour retrouver l’ami Marc, qui sera le photographe de la soirée, prêt à immortaliser les meilleurs moments. Cette fois, plus de doute, il est l’heure pour cette deuxième édition du Rhodanian Fest de lancer officiellement les hostilités.

VENTRESS

Originaires de Nice, les membres de VENTRESS prennent place sur scène pour ouvrir cette deuxième édition du Rhodanian Fest. Musicalement, on est en terrain connu : c’est du Death Metal. Et côté look, rien de surprenant à voir des pantalons cargo camouflages ou des couleurs un peu militaires. En revanche, ce qui attire immédiatement le regard, c’est cet arbuste mort et desséché transformé en pied de micro pour le chanteur, mais surtout les musiciens eux-mêmes, recouverts de boue séchée qui craquèle sur leur peau. Une esthétique qui fait immédiatement écho à l’une des phrases affichées sur leur compte Instagram : « We dissolve, We are decay » (Traduction : « Nous nous dissolvons, nous sommes la décomposition »).

Fidèle aux racines du genre, le groupe diffuse un Death Metal sans compromis ni artifices. Le groupe est encore jeune mais il vient de dévoiler son premier single « Wailing temple » le 11 juillet dernier en prélude à la sortie de son premier E.P, Reminiscence, prévue le 25 juillet. C’est donc naturellement qu’on a eu droit un peu en exclusivité à certains titres de ce futur E.P, comme « Vivide » ou « Wounds of exile » déjà un peu teasés sur leurs réseaux. En revanche, on gardera le silence sur les autres titres joués afin de préserver un peu de surprise avant la sortie imminente de l’opus.
Sur scène, le groupe, comme beaucoup de la nouvelle génération, impressionne par sa maîtrise technique. Les riffs s’enchaînent avec précision, les premiers circle pits commencent à se former et l’envie de se défouler gagne rapidement le public. Cette atmosphère évoquant les marécages, la terre humide et la décomposition est renforcée par quelques passages plus lents, presque lugubres, qui viennent contrebalancer la brutalité des morceaux et accentuent encore davantage l’identité du groupe. Une excellente mise en bouche pour lancer cette soirée, qui nous donne désormais envie de découvrir l’intégralité de Reminiscence.

JIRO

Il est quasiment 21h15 lorsqu’une musique d’intro annonce la fin du changement de plateau et le début du concert de JIRO. Les musiciens prennent place sur scène les uns après les autres tandis que leur chanteur Romain reste encore en coulisses. Puis sa voix retentit soudain dans les enceintes : « Il est temps d’arrêter de bouffer ! On y va ! » Une invitation, sans détour, à rejoindre le devant de la scène.

JIRO est un groupe francilien, né en 2023, sorti de la noirceur de la banlieue. Il compte déjà deux E.P à son actif : Elevate Spirit sorti fin 2024 et Adrift in Silence sorti en avril dernier. Aussi, c’est naturellement avec « Worth it », premier single de ce dernier opus, que le groupe démarre. La setlist fera ensuite la part belle à l’ensemble de leur répertoire, alternant avec équilibre les morceaux des deux EP.

Globalement, les morceaux de JIRO vont droit au but. On a des riffs massifs, de l’émotion bien dosée et des breakdowns percutants. Le groupe évolue dans un Metalcore à la fois mélodique et agressif, où puissance et émotion cohabitent parfaitement. En parlant d’émotion, difficile de ne pas souligner la performance vocale de Romain. Il passe de la douceur d’un chant clair aux growls les plus caverneux comme sur « The dread I felt ». À l’inverse, « Will I see You there? » met en avant son chant mélodique et ses belles harmonies vocales, offrant en milieu de concert une respiration bienvenue pour mieux se prendre une claque sur les morceaux suivants qui montent en intensité.

Du côté du public, il semblerait que tout le monde ait terminé de manger. Les premiers rangs se remplissent rapidement sur les premiers titres et les plus motivés viennent manifestement brûler les calories fraîchement avalées. Un premier circle éclate sur « The ascendant fall » et il y en aura plusieurs, gagnant en ampleur au fil du concert. Comme quoi, il n’y a sans doute pas de meilleur cardio qu’un bon concert de Metalcore. Les moshers se donnent à coeur joie entre les pogos, stage diving et tous ces circle pits. L’ambiance ne cesse de monter jusqu’au final explosif sur « Last to remain », où un ultime pogo vient embraser le parc une dernière fois. Lorsque résonnent les dernières paroles « The last one to stay left or dead… », une question se pose : qui sera encore debout pour affronter le déferlement de LOCOMUERTE qui s’apprête à prendre la scène ?

LOCOMUERTE

La nuit est désormais tombée sur le parc de l’Hôtel de Ville de Pont-Saint-Esprit. Pourtant, personne ne semble prêt à quitter les lieux. Bien au contraire. Les festivaliers sont toujours aussi nombreux et il devient même difficile de se frayer un chemin jusqu’au devant de la scène. Il faut dire que la réputation des Chicanos de LOCOMUERTE n’est plus à faire. À force de travail et de concerts incendiaires, le quatuor francilien s’est bâti une solide fanbase aux quatre coins de la France. Où qu’ils jouent, « La Familia » répond présente et ce soir ne fait pas exception.

À peine les premières notes de « Canción del Mariachi », tirée du film Desperado et qui sert d’intro, résonnent dans les enceintes que l’ambiance monte déjà d’un cran. Dès qu’elle s’achève, « Tiro Pa’ Matar » déclenche instantanément un déchaînement collectif dans le pit. Plus personne ne s’arrêtera avant la dernière seconde du concert.

Dans le public, les T-shirts et bandanas aux couleurs du groupe sont partout. Cette communauté fidèle, LOCOMUERTE l’appelle donc « La Familia », et le groupe ne manquera pas de la remercier à plusieurs reprises au cours de la soirée.

Pour ceux qui découvriraient encore le phénomène, LOCOMUERTE qualifie sa musique de « Chicano Mosh » : un cocktail explosif de Thrash, Crossover, Hardcore et Punk. On les avait vus retourner la Mainstage du Hellfest un mois plus tôt lors d’un mémorable samedi matin, et la recette fonctionne tout aussi bien ce soir dans le Gard. Même énergie débordante, même intensité, mais surtout cette incroyable capacité à transmettre une bonne humeur communicative. Chez LOCOMUERTE, on vient autant pour prendre des baffes musicales que pour faire la fiesta. Et justement, la fête est double ce soir puisque c’est l’anniversaire de leur chanteur El Termito. « Je suis super content de passer mon anniversaire avec vous ce soir ! », lance-t-il au public. Nico Loco, à la basse, en profite alors pour lancer un défi : « Est-ce que vous pouvez faire le plus gros circle pit du Rhodanian Fest ? Est-ce que vous pouvez faire ça pour El Termito ? ». À peine « Pura Violencia » démarre que tout le monde joue le jeu. Les plus jeunes comme les plus grands. Car oui, ce soir encore, de nombreuses familles ont fait le déplacement, certains enfants profitant du concert perchés sur les épaules de leurs parents.

De mon côté, ma fille de 9 ans m’accompagne pour cette soirée. Pourtant peu attirée par le Metal à la base, je la vois progressivement hocher la tête au rythme des morceaux. Puis vient « Bandolero ». Comme tout le public, elle reprend le refrain à pleins poumons avec moi. Depuis le premier rang, El Mitcho nous aperçoit, lui adresse un clin d’œil avant de lui lancer son médiator. Difficile d’imaginer un plus beau premier souvenir de concert. Son immense sourire en disait long. Merci El Mitcho !

Le refrain de « Bandolero » résonne encore dans tout le parc avant que Nico ne lève les mains en faisant les célèbres « horns » : « Celle-là, elle est pour Ozzy ! » annonce-t-il avant d’enchaîner avec « Demonios », sous les applaudissements du public. Sur scène, hormis El Floco solidement installé derrière ses fûts, les trois autres musiciens parcourent la scène sans relâche. Dans le pit, les pogos et les circle pits se succèdent tandis que les premiers slammeurs prennent leur envol depuis le caisson central placé devant la scène. Petite pensée pour notre ami marseillais El Machete, qui en profitera d’ailleurs à plusieurs reprises pour se laisser porter par la foule.

Pendant plus d’une heure, la setlist enchaîne les incontournables du groupe : « La Brigada de los Muertos », « Ronque », « Parano Booster », « Barrio », « Mi Familia »… sans jamais laisser retomber la pression. Pour conclure, El Termito brandit sa célèbre pancarte où l’on peut lire « Ahuevo ». Avec Nico, ils expliquent en souriant : « Au Mexique, ça veut dire un truc du genre… on s’en bat les couilles ». Le public éclate de rire avant que « La vida loca » ne vienne mettre un point final à cette énorme fête. Par ailleurs, comme à chaque concert, les célèbres crocodiles gonflables envahissent le pit et servent de montures aux slammeurs. Tout le monde veut tenter l’expérience, même les plus jeunes. El Mitcho en profite pour descendre jouer au milieu du public tandis qu’un dernier circle pit se forme autour de lui avant qu’un festivalier ne le hisse sur ses épaules.

Dans LOCOMUERTE , il y a Loco, la folie. Et il y a Muerte, la mort. Au vu de l’état dans lequel le groupe laisse son public après chaque concert, le nom n’a jamais semblé aussi approprié. Nous repartons complètement lessivés… mais avec le sourire jusqu’aux oreilles. Après un dernier détour par le stand de merch – où, au passage, ma fille a réussi à alléger mon portefeuille – il est déjà temps de reprendre la route. Une chose est sûre : le compteur de bonne humeur, lui, est rechargé à bloc.

Au moment de quitter le parc, le verdict est sans appel : cette deuxième édition du Rhodanian Fest est une nouvelle réussite. Les sourires se lisent aussi bien sur le visage des festivaliers que sur celui des bénévoles des Rhône’s Headbangers, récompensés de longs mois de préparation.

Et si notre impression en début de soirée laissait présager une affluence en hausse, les chiffres officiels sont venus la confirmer. Le Rhodanian Fest 2026 établit un nouveau record de fréquentation, dépassant la très belle première édition. Une excellente nouvelle qui prouve que ce jeune festival est en train de trouver sa place dans le paysage Metal du Sud. Une organisation efficace, une ambiance conviviale, une affiche cohérente et un public au rendez-vous. Tous les ingrédients étaient réunis pour faire de cette soirée un véritable succès.

Il ne reste désormais plus qu’à souhaiter une chose aux Rhône’s Headbangers : ne surtout pas s’arrêter en si bon chemin. On attend donc pour une troisième édition en 2027… et au vu de la dynamique actuelle, on a comme l’impression que l’histoire du Rhodanian Fest ne fait que commencer !

PHOTOS : Marc Podnc / MARCRVW (Instagram / Site Web)

CHRONIQUE : Alex

Lieu : PARC DE L'HÔTEL DE VILLE
Ville : Pont-Saint-Esprit (30)

Date : 18/07/2026