[Live Report] ÆPHANEMER + LES BÂTARDS DU ROI – 11/09/2026 – Le Dodu – Marseille
L’été joue les prolongations dans la cité phocéenne et le Dodu accueille sa première date Metal de cette rentrée.
Située aux abords de la Friche de la Belle de Mai, cette salle s’apprête à fêter son premier anniversaire dans les anciens locaux des vieux métaux rue Jobard, joyeux anniversaire au Chihuahua Dodu !
Au programme une belle association Black/Death avec le groupe Æphanemer (prononcé Éphanémère) et Les Bâtards du Roi.
Après une tournée européenne à l’occasion de leur release tour, le groupe de Death Metal mélodique toulousain Æphanemer présente en France son quatrième album Utopie (Napalm Records) avant de reprendre la route des dates européenne en novembre prochain.
Utopie est un album généreux en durée avec 9 morceaux (+ instrumentaux en bonus) dont certains dépassent allègrement les 7 minutes. Petite particularité pour cet album, c’est le premier à être chanté en français. Voyons donc comment le groupe s’apprête à nous le restituer.
LES BÂTARDS DU ROI
Mais avant toute chose place à la première partie avec un groupe qui va les accompagner tout au long de cette mini tournée. Pour débuter la soirée Les Bâtards du Roi prennent place sur la scène du Dodu après une introduction narrative qui permet de plonger dans une ambiance médiévale. Cette immersion est soutenue par l’apport de deux vitraux encadrant la batterie.
Le quatuor orléanais évolue dans un Black Metal mélodique en français dans le texte qui alterne le scream très intelligible et le chant clair (chœurs).
L’entrée sur scène se fait sur « Ici meurt ma joie », premier morceau de l’E.P éponyme à paraître le 16 octobre prochain. Les membres du groupe sont habillés avec une sorte de soutane à capuche et sont aussi cagoulés avec des masques en toile de jute qui renforcent l’imagerie du bourreau renegat. L’histoire racontant des frères ayant assassiné leur père le Roi, plongeant le royaume dans le chaos et entraînant leur propre désolation. Bravo ne serait-ce que pour la mise en scène.
Le public réagit très bien et se laisse surprendre par les pauses narratives phrasées en chant clair comme dans « L’âme sans repos » qui soulève quelques frissons pour peu qu’on ait plongé l’oreille dans l’histoire.
L’univers médiéval du groupe repose sur la trahison du roi par la fratrie menée par Régicide, le bien nommé chanteur (Scream). Il est accompagné d’Aeni et Barron en soutien avec un chant clair. Cette dualité est intéressante et apporte du lyrisme bien senti pour donner de la profondeurs aux différents chants. Les fûts sont quant à eux tenus par Daemonicus.
Pour ceux qui les avaient croisé dans la geôle de la Purple House lors du dernier Hellfest, pas de cage ici. Le groupe a donc le champ libre et ne se prive pas d’occuper la scène le long de ce set de 8 morceaux qui a plus que convaincu le public à en juger la file d’attente venue se renseigner et collecter du merch après le show.
À noter côté instruments, outre la monstrueuse basse 6 cordes, les deux guitares sont signées du luthier marseillais « Ligérie« . Une particularité qui ne passe pas inaperçue dans la région.
Après avoir été personnellement emballé par Kanonenfieber cet été au Plane’R Fest, ce Black Metal mélodique fait décidément mouche à chaque morceau.
A suivre donc pour la suite avec l’E.P à paraître chez Les acteurs de l’ombre Productions qui supportent aussi les excellents montpelliérains de Silhouette.
ÆPHANEMER
Æphanemer est composé de 4 membres dont le nouveau bassiste Florian qui succède à Lucie ayant quitté le groupe il y a près d’un an maintenant.
Le concert début avec les deux premiers morceaux d’Utopie.
Dès les premiers morceaux on perçoit la rigueur propre à leur référence classique.
La lead guitare de Martin, fondateur du groupe, nous tient en haleine pendant l’heure complète de ce set avec de nombreux solos magnifiques. Ecoutez donc « La rivière souterraine » et appréciez, ce titre instrumental se suffit à lui même pour vous transporter ou vous donner envie d’attraper un manche de guitare et vous y essayer.
La guitare de Martin apporte donc un côté épique, presque Heroic Fantasy, à Æphanemer. Elle est le pendant du growl rugueux de Marion (chant / rythme guitare) qui contrebalance en apportant une dramaturgie aux morceaux. Sur le morceau « Le cimetière marin » elle tiendra parfaitement le pré-refrain pendant que les musiciens s’abstiennent laissant le public l’accompagner en chœur. Mais ce serait réducteur de n’évoquer que ce type de chant de Marion qui, en plus de la guitare rythmique, nous fera jaillir un puissant chant lyrique sur « Antigone » et « Le radeau de la Méduse ».
Il est difficile de dire qui, du chant ou de la guitare, dicte la frénésie rythmique des morceaux, chacun se répondant parfaitement dans des phrases millimétrées. Bien entendu le tout sous l’impulsion du métronome Mickaël tapis dans l’ombre derrière ces fûts. Difficile de le capturer dans ces conditions, j’ajoute donc un nom de plus sur ma liste des batteurs invisibles, mes excuses pour cet affront photographique.
Dans la foule, des visages connus du groupe. Certains étant venus de Toulouse pour l’occasion, mais aussi de nombreux locaux reconnus des membres du groupe.
« Contrepoint » est un morceau plébiscité par la foule et Marion annonce qu’il sera joué lors de leur prochaine date événement au Petit Bain à Paris le 19 septembre prochain, laissant supposer qu’il ne le sera pas ce soir. C’était sans compter la malice de la chanteuse puisque le groupe s’exécute en démarrant le morceau, transformant la frustration du public en une exultation collective.
La fin du set se terminera par « UTOPIE part I et II » précédant le morceau phare « Bloodline » tiré de l’album Prokopton.
Bravo aux groupes pour avoir osé le chant en français, c’était déjà une évidence pour Les Bâtards du Roi d’un point du vue narratif historique mais c’est un pari réussi pour Æphanemer.
Ainsi s’achève cette soirée Death/Black au Dodu , cette salle occupant les anciens entrepôts des «VIEUX METAUX» qui a le mérite de proposer toutes les nouvelles nuances de Metal au public marseillais. D’ailleurs, d’autres dates sont à suivre avec les alléchants MESSA et HÄLLAS en octobre prochain.
