CONCERTS

[Live Report] BLACK BOMB A + STONE HORNS + DISSOCIATED + SANGHAM – 16/04/2026 – Jas’Rod – Les Pennes-Mirabeau

Le 16 avril 2026, la salle du Jas’Rod aux Pennes-Mirabeau s’est transformée en véritable terrain de jeu pour amateurs de gros son. Avec une affiche mêlant scène locale, nationale et invités internationaux, la soirée organisée par Vault of Metal en accord avec RAGE Tour avait de quoi séduire. A l’affiche les Marseillais de SANGHAM et STONE HORNS, les Espagnols de DISSOCIATED, et en headliner les incontournables BLACK BOMB A. Un plateau éclectique, entre découvertes et valeurs sûres, qui a progressivement fait monter la température jusqu’à l’explosion finale. Retour sur une soirée où l’énergie n’a cessé de croître, portée par un public réceptif et des groupes en grande forme.

SANGHAM

Il est tout juste 20h30 lorsque SANGHAM ouvre le bal dans la salle du Jas’Rod. Le timing est serré ce soir. Quatre groupes à l’affiche et le public n’a pas encore totalement afflué, mais la fosse est déjà bien garnie pour accueillir les Marseillais. Un détail aurait pu compromettre leur prestation : une blessure à la cheville pour leur guitariste Cyril survenue le jour même. Qu’importe, le musicien assure le show assis sur un tabouret haut, preuve de son engagement sans faille.

Apparu sur la scène méridionale en 2020, le quatuor s’est rapidement fait remarquer avec un premier album Intangible. Pour notre part, la découverte s’était faite lors du Festival Just’N’Fest 2023, et depuis, le groupe a connu une courte pause ainsi que quelques ajustements de line-up. Ce soir, c’est un nouveau chapitre qui s’ouvre, avec en ligne de mire un second album attendu pour octobre 2026. Et autant dire que SANGHAM n’est pas venu les mains vides : la setlist fait la part belle aux nouveautés. Le concert démarre avec « Listen« , leur single sorti cet hiver, immédiatement bien accueilli. Sans trop en dévoiler avant la sortie officielle, le groupe nous glisse pas moins de quatre nouveaux morceaux dans son set, donnant un aperçu prometteur de la suite. À l’écoute, il y a de la matière et ça s’annonce particulièrement solide.

Musicalement, SANGHAM continue de creuser un sillon riche et hybride, entre Modern Metal, Djent, envolées Progressives et accents Death. Ce mélange donne une identité nuancée, portée par des riffs lourds et des mélodies parfois aériennes. La performance vocale de Christelle impressionne toujours autant, alternant chant clair et growl avec aisance, épaulée par les interventions rugueuses et efficaces de Cyril. La scène marseillaise bouillonne plus que jamais ces dernières années, et cela se ressent jusque sur la fin du set : SANGHAM invite Mélody, chanteuse de GHETTO PARADISE, à les rejoindre sur scène pour un featuring remarqué.

Côté public, l’ambiance reste encore mesurée. Pas de pogo à l’horizon, mais une écoute attentive. Une retenue qui permet finalement de pleinement s’immerger dans la proposition du groupe, sans agitation, presque comme une expérience introspective. 

DISSOCIATED : le vent ibérique qui embrase le pit

Changement d’ambiance avec l’arrivée des Espagnols de DISSOCIATED, et on peut le dire tout de suite : ça a été la grosse claque de la soirée. Originaire de Palma de Majorque, le projet voit le jour sous l’impulsion de Kevin Soto (chant), rapidement rejoint par le guitariste et compositeur Raúl Muñoz Cuevas. Le duo pose alors les bases de leur Metalcore technique, moderne et chargé d’émotions. Une identité qui prend véritablement forme avec leur premier E.P No Connections, où les thématiques de santé mentale et de déconnexion émotionnelle occupent une place centrale.

Mais ce soir, au Jas’Rod, c’est surtout sur scène que DISSOCIATED marque les esprits. Dès les premiers riffs, le ton est donné. Le pit se réveille instantanément. Les circle pits s’enchaînent, les premiers slams apparaissent et la fosse s’embrase enfin. Côté setlist, le groupe ne se repose pas uniquement sur son premier EP. Au contraire, sur les huit titres joués six titres sont inédits. En milieu de set, leur premier single « Connections » vient rappeler d’où tout est parti. Véritable pièce maîtresse de l’EP du même titre No Connections, ce morceau explore les mécanismes de l’isolement et les fractures invisibles liées aux troubles mentaux. 

Le final se fait avec « Endless Waves », leur second single, un morceau qui plonge dans les profondeurs de la souffrance intérieure. Une atmosphère lourde, presque suffocante, s’en dégage pour mieux clouer la fosse. DISSOCIATED excelle dans cet équilibre entre puissance brute et charge émotionnelle, créant un lien immédiat avec le public. Et justement, ce soir le public répond présent ! L’accueil réservé aux Majorquins est à la hauteur de leur prestation : chaleureux, énergique, sincère. Une belle communion qui confirme que, même en terrain inconnu, DISSOCIATED sait parfaitement comment embarquer une salle avec lui. En bref, une très belle découverte, taillée pour la scène et clairement à suivre de près.

STONE HORNS : à domicile !

On enchaîne avec la troisième salve de la soirée, et cette fois-ci, retour en terres marseillaises avec STONE HORNS qui investit la scène du Jas’Rod sans faire dans la demi-mesure. Le groupe joue à domicile et ça se ressent immédiatement : attitude conquérante, énergie décuplée, et un public déjà bien acquis à sa cause.

Petit clin d’œil aux premières heures du groupe avec le retour d’Antoine Roszak à la guitare pour assurer le remplacement du soir. Une présence qui apporte un parfum de douce nostalgie, pour ceux qui suivent STONE HORNS depuis ses débuts, tout en s’intégrant parfaitement à la machine bien huilée du groupe.

Côté setlist, c’est du solide et c’est varié. On a droit à un passage en revue équilibré entre les trois albums et l’E.P. De quoi satisfaire les fans de toutes les périodes. En milieu de set, difficile de ne pas souligner « Age of Chimairas« , (Ndlr : c’est également notre morceau préféré) véritable moment fort où une bonne partie du public s’égosille avec le groupe. Clairement un des pics de la prestation.
Au micro, Devf joue parfaitement son rôle de frontman. Reconnaissant envers le public, il prend le temps de remercier les présents, avec un message appuyé pour celles et ceux qui achètent leurs places en prévente car c’est un soutien essentiel pour faire vivre ce type d’événements. Mais pas question non plus de casser le rythme. En véritable chef d’orchestre, il dirige la fosse avec autorité, enchaînant les appels aux circle pits et aux walls of death.

Déjà bien chauffé par DISSOCIATED, le public passe ici à un autre niveau. La fosse entre en ébullition, prête à exploser à tout moment. Si l’objectif était de préparer le terrain pour la tête d’affiche, c’est mission accomplie haut la main à 1000%.

BLACK BOMB A : 30 ans et toujours la rage intacte

Tout juste le temps de souffler que les lumières se tamisent et, instantanément, la salle explose. BLACK BOMB A entre en scène sous les acclamations du public déjà survolté. Huit albums au compteur avec 30 ans de carrière, et pourtant, l’énergie est toujours là !

Le show démarre pied au plancher avec « People hate people » et la fosse se transforme aussitôt en véritable marée humaine. Arno, casquette vissée sur la tête, et Poun, encapuchonné, sont en forme. Arno glissera tout de même entre deux morceaux qu’il est un peu malade ce soir ce qui est presque difficile à croire tant l’intensité est au rendez-vous. Les classiques s’enchaînent quasiment sans temps mort : « Blowing up« , « Crashboys » et déjà la température grimpe d’un cran. Poun finit par tomber la veste, haranguant la foule avec son désormais incontournable « Allez, viens ! Viens ! », incitant les plus timides à se rapprocher. Toujours dans cet échange constant avec le public, il lâche dans un sourire : « On ne vient pas souvent jouer par ici dans le Sud, mais ça fait du bien de voir vos têtes« … avant de désamorcer avec un « des fois je mens mieux« , déclenchant les rires dans toute la salle.

La setlist pioche dans la discographie du groupe, avec un focus marqué sur les débuts et les dernières sorties. Sur les 13 morceaux joués, quatre sont issus du dernier album, les autres naviguant entre l’avant-dernier et les deux premiers opus. Une manière de rassembler toutes les générations de fans.
Moment de chaos total sur « Police stopped da way » : pogo, circle pit, slams… la fosse devient incontrôlable. Avant d’enchaîner sur « Mary », Poun balance un « C’est Marseille bébé ! » qui fait mouche. Un clin d’œil devenu presque un running gag, repris avec enthousiasme (ou pas) par une partie du public.

Le set touche à sa fin avec la reprise « Beds are burning« , un morceau engagé des Australiens de Midnight Oil, rappelant l’urgence climatique, avant un final explosif sur « Bulletproof« . Une conclusion à l’image du concert : intense, fédératrice et sans concession. Verdict : les BLACK BOMB A n’ont rien perdu de leur mordant.

Au final, cette soirée au Jas’Rod aura parfaitement rempli sa mission : mettre en lumière la vitalité de la scène locale, nationale et même européenne. De la montée en puissance progressive avec SANGHAM, à l’explosion d’énergie insufflée par DISSOCIATED et confirmée par STONE HORNS, jusqu’au déferlement final signé BLACK BOMB A, chaque groupe a su marquer les esprits à sa manière. Une date réussie de bout en bout, qui rappelle à quel point ces soirées live restent essentielles pour faire vivre la scène metal… et vibrer le public.

Lieu : JAS'ROD
Ville : Les Pennes-Mirabeau (13)

Date : 16/04/2026