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[Live Report] Hellfest 2026 : jour 2 – 19/06/2026

Après une première journée déjà bien riche, le Hellfest remet immédiatement une couche pour ce deuxième acte. Si le soleil est toujours bien présent au-dessus de Clisson, les températures sont heureusement un peu plus respirables, avec près de cinq degrés de moins que la veille. Une différence loin d’être anodine lorsqu’il faut parcourir des kilomètres entre les différentes scènes.

Comme toujours, le running order impose son lot de sacrifices et de choix parfois frustrants. Pour notre part, cette journée sera largement placée sous le signe des scènes Altar et Temple, véritables terrains de jeu des musiques les plus extrêmes, même si quelques passages par les autres scènes restent évidemment incontournables. Car ce vendredi a un parfum tout particulier. IRON MAIDEN fait escale au Hellfest dans le cadre de sa tournée « Run for your lives », célébrant cinquante ans de carrière. Un anniversaire que des dizaines de milliers de festivaliers ne rateraient pour rien au monde. L’une des plus grandes légendes du Heavy Metal est de retour à Clisson, et toute la journée semble doucement converger vers ce rendez-vous qui s’annonce historique.

Programme du Vendredi 19 juin :

Impureza / Wake the dead / Yarostan / Crypta / MØL / Sylosis / Carach Angren / Rotting Christ / Iron Maiden / Sabaton

IMPUREZA – Altar – 10h30

Pour lancer cette deuxième journée, un premier dilemme nous attendait déjà. IMPUREZA ou URAVENA ? Le running order n’aura laissé aucune place au compromis et c’est finalement un choix à pile ou face qui nous conduit en direction de l’Altar.

Le groupe franco-hispanique défend depuis plusieurs années un univers bien à lui, mêlant un Death Metal brutal aux guitares flamenco, le tout chanté en espagnol. Une recette originale et séduisante, renforcée depuis la sortie de son deuxième album Alcázares chez Season of Mist, que le groupe est venu défendre sur les terres brûlantes de Clisson.

Visuellement, le décor annonce immédiatement la couleur. Un immense éventail rouge habille le fond de scène, deux imposants massifs de palmiers encadrent les musiciens tandis que deux guitares classiques reposent sur des supports décorés de crânes évoquant l’imagerie de la Santa Muerte. 

Après une introduction qui fait doucement monter la tension, Estéban surgit et assène son premier growl. Le chanteur impressionne autant par son physique que par sa présence. Une tête de plus que ses partenaires, large ceinture à clous, longue chevelure et une voix venue des profondeurs de l’enfer. Autant dire que le frontman captive immédiatement le regard. Autour de lui, les musiciens démontrent toute l’originalité d’IMPUREZA. Les passages en guitare flamenca s’intègrent naturellement aux rafales de blast beats et aux riffs Death les plus techniques. Les ruptures de rythme sont nombreuses mais toujours parfaitement maîtrisées, offrant un équilibre permanent entre puissance et élégance. Au cœur de cette déferlante sonore, quelques respirations acoustiques viennent rappeler les racines espagnoles du groupe avant que la machine ne reparte de plus belle.

Mais l’une des véritables attractions du show est l’apparition régulière de la danseuse flamenco Cécile « La Cecilia » Cappozzo. D’abord invitée par le groupe dans le clip de « Covadonga », elle fait désormais partie intégrante des prestations live. À plusieurs reprises, elle rejoint les musiciens sur scène, faisant virevolter sa robe au rythme des guitares espagnoles avant de disparaître pour laisser place aux passages les plus extrêmes. Ses interventions apportent une élégance supplémentaire et renforcent cette rencontre entre les traditions andalouses et la brutalité du Death d’IMPUREZA. Une belle découverte pour démarre la matinée !

WAKE THE DEAD – Warzone – 11h05

Pendant que certains festivaliers prennent encore tranquillement leur petit-déjeuner ou découvrent à peine le site, notre matinée se poursuit du côté de la Warzone. Impossible pour nous de manquer ce rendez-vous : nos Marseillais de WAKE THE DEAD ouvrent la scène Hardcore du Hellfest, et, un brin chauvin, il était hors de question de les laisser démarrer cette belle aventure sans notre soutien.

On aurait presque aimé les voir programmés un peu plus tard dans la journée afin qu’un maximum de festivaliers puisse découvrir leur univers. Mais malgré l’horaire matinal, la Warzone est déjà plus que bien garnie. En scrutant les premiers rangs, difficile de ne pas reconnaître plusieurs visages venus tout droit de Marseille. La communauté phocéenne a fait le déplacement pour encourager les siens. Petit clin d’oeil au passage aux marseillais de Landmvrks qui foulaient cette même scène en 2022 avant de poursuivre leur ascension fulgurante.

Après le titre « The great… » en intro afin de faire monter la pression, c’est directement sur « You & me » que le groupe démarre. Pendant trente minutes, ils ne relâcheront absolument jamais cette pression. Leur Hardcore moderne, à la fois brutal et mélodique, percute de plein fouet une fosse déjà très réactive. Les morceaux du dernier album The Great Disappointment trouvent naturellement leur place dans la setlist et sont repris par une partie du public, preuve que le groupe a largement dépassé le cercle des initiés.

L’arrivée d’Aleksandra au chant il y a maintenant deux ans a incontestablement marqué un tournant. Sur scène, la frontwoman déborde d’énergie. Véritable pile électrique, elle traverse la scène sans interruption, harangue le public et impose sa présence. Mais elle est loin d’être la seule à se dépenser. Ses acolytes musiciens vivent pleinement leur concert et la proximité avec le public fait partie intégrante du show. Pour preuve, le bassiste Yvan quitte un moment la scène pour rejoindre la fosse. Porté sur les épaules d’un festivalier, se forme alors autour de lui un immense circle pit. Une image forte qui résume parfaitement l’état d’esprit de WAKE THE DEAD : un groupe proche de son public, sincère et fédérateur. 
Puis vient « Marseille City », le morceau que tout le monde attend. En quelques secondes, la Warzone prend des airs de virage sud du stade vélodrome . Les sudistes donnent de la voix et reprennent le titre avec une fierté qui fait grimper la température d’un cran.

En seulement trente minutes, les Marseillais prouvent que la scène Hardcore du Sud de la France se porte à merveille. Une prestation généreuse, intense et sans le moindre temps mort, qui lance idéalement la Warzone et laisse espérer que, comme certains de leurs illustres prédécesseurs, WAKE THE DEAD ne fait aujourd’hui qu’écrire les premières lignes d’une histoire appelée à grandir.

YAROSTAN – Valley – 11h40

À peine le temps de quitter la Warzone qu’il suffit de parcourir quelques dizaines de mètres pour rejoindre la Valley en saluant la statue de Lemmy. Changement de décor, mais pas vraiment de région puisque c’est un autre groupe du Sud-Est qui nous attend. Place à YAROSTAN !

On ne s’en cache pas mais on affectionne particulièrement leur univers. Non pas parce qu’ils viennent de chez nous (Ndlr : bon allez on avoue on est un peu chauvin), mais parce que leur musique possède une identité rare. Un Post-Metal lourd qui prend son temps pour installer ses atmosphères avant de vous écraser sous une avalanche de riffs. En cette fin de matinée, le véritable rouleau-compresseur ne vient finalement pas du soleil déjà bien installé au-dessus de Clisson, mais de la scène de la Valley.

D’ailleurs, la scène de la Valley leur va comme un gant. Son acoustique ample met parfaitement en valeur ces longues nappes sonores, ces guitares épaisses et cette basse qui résonne jusque dans la poitrine. Les passages contemplatifs, portés par un chant presque aérien, laissent soudain place à des explosions de violence où les hurlements viennent déchirer l’atmosphère.

Le groupe n’a malheureusement droit qu’à une demi-heure de scène, un exercice frustrant lorsque l’on connaît la nature de ses compositions, souvent longues et évolutives. Il est impossible de découvrir toute l’étendue de l’univers de YAROSTAN en seulement cinq morceaux. La setlist, largement tournée vers le dernier album III, avec notamment « Cathédrales de poussière », « Godot » et « Jubilé », offre néanmoins un bel aperçu de cette musique exigeante, aussi sombre que captivante.

Comme pour Wake the Dead, leurs fidèles ont répondu présents. Les premiers rangs, où certains pleurent transportés par l’émotion du moment, semblent afficher des proches venus soutenir les Provençaux. On y reconnait d’ailleurs Rémi Sérafino, le batteur d’IGORRR. Tandis que, morceau après morceau, la foule continue de grossir, attirée par cette masse sonore hypnotique qui attire vers la Valley. On aurait simplement aimé vivre ce concert à la tombée de la nuit, lorsque les jeux de lumière auraient pu accompagner ces ambiances crépusculaires. Mais ce créneau était réservé à AMENRA, autre référence incontournable du Post-Metal. Qu’importe finalement. Même sous un soleil éclatant, YAROSTAN réussit à imposer sa noirceur et livre un superbe set intense et viscéral.

CRYPTA – Altar – 12h50

Retour sous l’Altar où un an après avoir vu NERVOSA, emmené par Prika Amaral, fouler cette même scène c’est au tour de CRYPTA de prendre le relais. Un passage qui rappelle forcément l’histoire commune des deux groupes. CRYPTA est né en 2020 lorsque Fernanda Lira (chant, basse) et Luana Dametto (batterie) quittent NERVOSA à la suite de divergences internes. Six ans plus tard, chacun de deux groupes poursuit sa propre route et le public du Hellfest peut désormais apprécier les deux formations sur des éditions consécutives.

Depuis, les Brésiliennes de São Paulo ont largement confirmé qu’elles ne constituaient pas un simple projet parallèle. Après leur 1er album Echoes of the soul, puis Shades of sorrow, qu’elles défendent aujourd’hui à travers leur « Shades of Sorrow : Final Rites – European Summer Tour 2026 », CRYPTA s’est imposé comme l’une des références du Death outre-atlantique.

Le concert débute avec « The other side of anger », mais un petit souci technique vient légèrement perturber les premières minutes. La voix de Fernanda Lira peine à trouver sa place dans le mix. Heureusement, le problème est rapidement corrigé et ne restera qu’une anecdote tant le groupe va ensuite dérouler son set avec une impressionnante maîtrise. Fernanda impose immédiatement son charisme, alternant lignes de basse et growls sans jamais perdre le contact avec le public. Derrière elle, Luana Dametto impressionne par la précision de son jeu, tandis que les deux guitaristes enchaînent riffs sur riffs.

La setlist met naturellement à l’honneur le dernier album et le titres s’enchaînent sans laisser quasiment le moindre temps mort. Le public de l’Altar répond naturellement présent à la brutalité de CRYPTA. Dans la fosse, ça joue des coudes et les headbangs deviennent vite contagieux. Malgré la chaleur, personne ne semble vouloir lever le pied, ce qui confirme que les Brésiliennes ont bien trouvé leur place et leur public.

Interview LOCOMUERTE – Tente Presse – 14h45

À quelques heures seulement de leur grand baptême sur la Mainstage 2 du Hellfest, on a retrouvé les Parisiens de LOCOMUERTE au point presse pour une interview aussi détendue qu’énergique, à l’image du groupe.

L’occasion de revenir avec eux sur cette étape importante de leur parcours, leur ascension ces dernières années, leur incroyable énergie en concert et ce premier passage sur l’une des scènes principales du plus grand festival Metal de France. Une consécration amplement méritée pour les Chicanos les plus déjantés de l’Hexagone. Place à l’interview !

MØL – Temple – 16h45

Après une pause déjeuner bien méritée pour reprendre quelques forces, une interview de LOCOMUERTE et l’envoi de plusieurs stories sur nos réseaux sociaux, retour sous la Temple. C’est ici que se trouve l’un des rendez-vous qu’on attendait le plus de cette édition. En 2025, c’était GRIMA qui figurait tout en haut de notre liste des groupes à ne surtout pas manquer sous cette scène. En 2026, ce rôle revient sans hésitation à MØL. Et quel heureux concours de circonstances ! Les Danois n’étaient même pas prévus à l’affiche. Appelés au dernier moment pour remplacer TRELLDOM, ils nous offrent finalement l’opportunité de les voir sur scène.

Originaire d’Aarhus, MØL existe depuis 2013 et s’est progressivement imposé comme l’une des formations incontournables de la scène blackgaze européenne. Si leur nom reste encore relativement confidentiel auprès d’une partie du public français, le quintette a pourtant bâti une solide réputation grâce à une musique qui mêle Black Metal atmosphérique, Shoegaze et Post-Metal. Impossible de ne pas penser à ALCESTou DEAFHEAVEN, même si les Danois ont su construire une identité qui leur est propre.

Dès que le groupe arrive, une chose interpelle. Comme quoi l’habit ne fait vraiment pas le moine. Les musiciens arrivent sur scène en chemises soyeuses ou à fleurs, pantalons à pinces, mocassins et lunettes de soleil. À première vue, difficile de croire que l’on s’apprête à assister à un concert sous la Temple. Cette esthétique tranche volontairement avec les codes habituels du Black Metal et reflète finalement assez bien la personnalité musicale du groupe, davantage tournée vers les émotions et les atmosphères que vers l’imagerie extrême.

La tournée actuelle met naturellement à l’honneur Dreamcrush, leur troisième album paru cette année. Le concert débute d’ailleurs avec « Dream », avant de dérouler une setlist de neuf morceaux, répartis avec un bel équilibre entre les trois albums du groupe. Les nouveaux titres s’intègrent parfaitement aux compositions plus anciennes, sans jamais rompre le fil conducteur de ce voyage sonore.

Sous une Temple particulièrement bien remplie, le public se laisse rapidement emporter. Les guitares dessinent des paysages aussi lumineux que tourmentés tandis que les hurlements déchirants de Kim Song Sternkopf surgissent comme des éclats de douleur au milieu de cette beauté presque aérienne. Sur scène, le frontman est littéralement habité. Véritable pile électrique, il semble monté sur ressorts, parcourant sans cesse l’espace tout en prenant régulièrement le temps de remercier le public d’avoir répondu présent malgré la chaleur écrasante. L’émotion atteint son apogée avec « Bruma », morceau que beaucoup semblaient attendre avec impatience. Avant de l’entamer, Kim glisse simplement au public : « Je sais que cette chanson nous transporte. » Puis il descend dans la fosse pour partager ces derniers instants au plus près des festivaliers. Une communion sincère s’installe immédiatement. Les premiers rangs se resserrent, quelques pogos éclatent dans une bousculade bon enfant, tandis que les derniers accords résonnent sous une Temple totalement conquise. Une prestation d’une rare intensité émotionnelle, qui restera sans aucun doute parmi les grands moments de cette édition.

SYLOSIS – Altar – 17h40

Nouveau déplacement latéral, de la Temple vers l’Altar pour écouter les Britanniques de SYLOSIS. On connait finalement assez peu le groupe emmené par Josh Middleton et, quelque part, c’était presque un avantage. Pas d’attentes particulières, simplement l’envie de découvrir ce que cela donne en live, ce que permet un grand festival comme le Hellfest.

Après un léger contretemps technique qui retarde de quelques secondes le lancement du concert, le groupe ouvre les hostilités avec « Beneath the surface », véritable coup de poing en introduction du dernier album The new flesh, sorti cet hiver. À peine le premier riff retentit qu’un circle pit se forme déjà. Même si on connait peu le groupe, il faut reconnaître que leur Death/Thrash est communicatif et c’est parti -comme on dit dans le milieu- pour la bagarre !

Leur style, qui reste tout de même mélodique, possède cette efficacité immédiate qui accroche même les oreilles les moins familières de leur discographie. Plus incisif et plus agressif encore que sur album, leur son prend toute son ampleur en live. Josh Middleton, en place au chant comme à la guitare, mène son groupe comme le pit avec une énergie communicative. 

La setlist fait la part belle aux deux dernières productions du groupe. Les morceaux de The new flesh s’enchaînent avec une redoutable efficacité. « Erased », « Lacerations », « Mirror mirror » ou encore l’explosif  « All glory, no valour » sur lequel  le refrain est scandé par une partie du public. Par ailleurs, les circle pits et un wall of death se mettent en place presque naturellement, sans que le groupe n’ait besoin d’en faire la demande. Le concert s’achève assez logiquement avec le morceau « The new flesh », ultime déferlante qui laisse une Altar rincée mais conquise. Parfois, arriver presque vierge devant un groupe permet de repartir avec l’une des meilleures surprises de la journée.

CARACH ANGREN – Temple – 18h35

Nouvelle translation vers la Temple pour retrouver une ambiance radicalement différente. Dans le Black Metal, il y a les formations qui misent sur les capuches et le mystère, et celles qui privilégient le corpse paint et la théâtralité. Les Néerlandais de CARACH ANGREN appartiennent clairement à cette seconde catégorie.

Niveau décor, un immense backdrop aux allures de gravure ancienne domine la scène tandis que Seregor (Dennis Droomers) apparaît avec son impressionnant pied de micro en forme de faux. La mort n’a jamais semblé aussi proche. À ses côtés aux claviers, Ardek (Clemens Wijers) habille chaque morceau de nappes symphoniques qui donnent toute sa personnalité au groupe. Leur nom, emprunté à l’univers de Tolkien, annonce la couleur. Ici, le Black Metal raconte des histoires de spectres, de monstres et de malédictions.

Pendant une quarantaine de minutes, CARACH ANGREN déroule une setlist qui pioche dans une bonne partie de sa discographie. « The carriage wheel murder », « The Necromancer », « Bitte tötet mich », « Franckensteina Strataemontanus » ou encore « Monster » s’enchaînent avec une belle fluidité avant un final glacial sur « Bloodstains on the Captain’s Log »
Seregor porte littéralement le spectacle sur ses épaules. Son jeu de scène, ses mouvements saccadés et son utilisation permanente de cette faux en guise de micro apportent une vraie dimension théâtrale à des morceaux déjà très cinématographiques. Derrière lui, les orchestrations donnent toute leur ampleur à ce Black Metal symphonique où la brutalité cohabite naturellement avec des arrangements beaucoup plus lyriques.

ROTTING CHRIST – Temple – 20h35

Avec Iron Maiden en tête d’affiche ce vendredi soir, impossible de ne pas remarquer les centaines de t-shirts à l’effigie d’Eddie croisés toute la journée. Un vrai dilemme s’imposait. Filer sur les MainStages dès 21h ou enfin prendre le temps de voir ROTTING CHRIST, un groupe qu’on apprécie depuis longtemps mais qui manquait au palmarès. Cette fois, le choix est vite fait. Les Grecs passent en priorité… après tout, Marseille leur doit bien un petit clin d’œil historique.

Sous une Temple particulièrement bien remplie malgré la concurrence des MainStages, le décor est planté là aussi par un immense backdrop aux allures de gravure ancienne. Themis Tolis prend place derrière sa batterie, rapidement rejoint par son frère Sakis Tolis, au chant et à la guitare. Depuis 1987, la fratrie athénienne forment le cœur indissociable de ROTTING CHRIST, solide comme une colonne dorique du Parthénon.

Dans un déluge de lumières stroboscopiques, « Dies Irae » lance les hostilités. Le son est massif, les frappes martiales de Thémis résonnent sous la tente et les riffs hypnotiques installent immédiatement cette atmosphère si particulière, entre Black Metal et cérémonie païenne. De chaque côté de Sakis, Kostis à la guitare et Kostas à la basse ne cessent de headbanguer, apportant une énergie permanente au spectacle. La setlist navigue entre classiques et morceaux plus récents. « Non serviam », « King of a Stellar War », « Apage Satana » ou encore le final sur « The raven » sont accueillis avec ferveur par un public totalement acquis à la cause des Athéniens.

Porté par le charisme magnétique de Sakis Tolis, ROTTING CHRIST livre un concert puissant prouvant les décennies d’expérience derrière eux. A peine les dernières notes joués et les acclamations du public qu’on part à toute allure rejoindre les MainStages pour retrouver Bruce Dickinson et sa bande.

IRON MAIDEN – Mainstage 1 – 21h00

Il fallait s’y attendre. Avec IRON MAIDEN en tête d’affiche de ce vendredi, le Hellfest s’est transformé toute la journée en véritable défilé de t-shirts à l’effigie d’Eddie. Avec une volonté de fer, 5 minutes suffisent pour rejoindre le pit photographes et patienter pour SABATON qui suivra. Le concert est déjà bien lancé et on attrape la fin de « Infinite dreams » avant une interminable succession de classiques : « Powerslave », « 2 Minutes to Midnight », « Rime of the ancient mariner », « Run to the Hills », « Seventh Son of a Seventh Son », « The Trooper », « Hallowed be Thy Name », « Iron Maiden » puis le rappel avec « Aces High », « Fear of the Dark » et « Wasted Years ».

Pour cette tournée mondiale Run for your lives, célébrant les cinquante ans du groupe, IRON MAIDEN a sorti le grand jeu. Les écrans géants changent constamment d’univers en faisant vivre les pochettes mythiques de leurs albums, Bruce Dickinson multiplie les changements de tenue tandis qu’Eddie surgit plusieurs fois en taille réelle pour venir provoquer les musiciens. Le spectacle est aussi visuel que musical.

Et musicalement, justement, les années semblent avoir bien peu d’emprise sur les Anglais. Bruce Dickinson parcourt la scène comme à ses débuts, s’adresse régulièrement au public dans un excellent français et ponctue le concert de ses incontournables « Scream for me Hellfest !« , auxquels des dizaines de milliers de voix répondent avec enthousiasme. Steve Harris continue de haranguer la foule avec sa basse pendant que le trio Adrian Smith, Dave Murray et Janick Gers se livre à ses traditionnelles joutes guitaristiques.

Dans le public, toutes les générations chantent les refrains à l’unisson et un flot continu de crowd-surfers tapisse la masse de la foule. Certains morceaux prennent le temps de respirer, notamment les longues fresques épiques qui font partie de l’ADN du groupe, mais les deux heures de concert filent sans jamais lasser. 

Puis arrive « Fear of the Dark » et sa séquence émotion. Dès les premières notes de guitare, la foule entière reprend la mélodie en chœur. Un instant suspendu. On avait déjà vécu cette communion lors du « Give Me Ed… ‘Til I’m Dead Tour » à Bercy en 2003, et plus de vingt ans plus tard, l’émotion est toujours intacte. Entendre des dizaines de milliers de personnes chanter d’une seule voix donne encore des frissons et laisse échapper une petite larme. Le rideau tombe finalement sur « Wasted Years ». Difficile d’imaginer un meilleur final pour célébrer cinquante années d’une carrière qui continue de rassembler les générations. Si cette tournée porte bien son nom, alors oui : IRON MAIDEN est toujours en train de nous faire vivre ses plus belles années… et les nôtres avec !

SABATON – Mainstage 2 – 23h15

Après le raz-de-marée IRON MAIDEN, beaucoup auraient pu quitter les MainStages. Grave erreur. Quelques minutes plus tard, les Suédois de SABATON prennent le relais sur la scène voisine et rappellent pourquoi ils sont devenus, au fil des années, l’un des groupes les plus incontournables des festivals européens. On se souvient encore de leur arrivée en sauveurs en 2019, lorsqu’ils avaient remplacé au pied levé Manowar. Depuis, la légende dit qu’une véritable histoire d’amour s’est nouée avec le Hellfest, et ce nouveau passage ne fait que la renforcer.

La réputation de leurs concerts n’était pas usurpée, mais la vivre de l’intérieur dépasse tout ce qu’on pouvait imaginer. Au-dessus de la scène trône Audie, leur immense char suspendu, sur lequel Hannes Van Dahl officie derrière sa batterie. À lui seul, le décor est spectaculaire. Ajoutez à cela des écrans géants, un déluge de flammes et de pyrotechnie, et vous obtenez un véritable champ de bataille grandeur nature.

En pleine tournée de Legends, excellent dernier album sorti fin 2025, SABATON ne met pourtant que trois nouveaux morceaux à l’honneur « I, Emperor », « Hordes of Khan » et « Templars ». Dès « Ghost division », la foule est conquise, avant d’enchaîner les incontournables « The last stand », « Great war », « Primo Victoria » ou encore « To hell and back ».

Le moment le plus fort reste sans conteste « I, Emperor ». L’acteur Raphaël Lecat incarnant Napoléon rejoint la scène et, avant même que le morceau ne débute, toute la fosse entonne « La Marseillaise ». Frissons garantis ! Difficile de ne pas avoir la gorge serrée en entendant des milliers de voix chanter d’un seul élan. Même l’acteur avoue être profondément ému par l’instant.

Joakim Brodén, toujours aussi charismatique et proche de son public, mène ses troupes avec une simplicité désarmante. SABATON possède ce talent rare : transformer un immense festival en une grande célébration collective. Entre puissance, générosité et spectacle XXL, les Suédois livrent une nouvelle démonstration de force et confirment qu’ils comptent parmi les meilleures machines de guerre du Metal actuel.

Cette deuxième journée aura offert un peu de répit côté météo, avec un thermomètre enfin plus clément que la veille. Entre nos groupes du Sud, la longue ligne droite sous les chapiteaux de l’Altar et de la Temple et une soirée magistralement conclue par les légendaires IRON MAIDEN et les suédois de SABATON, ce vendredi a une nouvelle fois démontré toute la richesse du Hellfest. Et ce n’est pourtant que le début du week-end… Rendez-vous demain pour la suite de l’aventure !

Envie de prolonger le voyage en enfer ?

Chaque journée a eu son lot de moments forts, de découvertes et de shows dantesques. Ne manquez pas les autres chroniques complètes, jour par jour, pour revivre chaque instant comme si vous y étiez :
Lieu : HELLFEST
Ville : Clisson (44)

Date : 19/06/2026