[Live Report] Just’n’Fest 2026 : retour sur une deuxième journée explosive
Après un beau démarrage avec la soirée du vendredi, on attaque donc cette deuxième journée du Just’n’Fest bien plus tôt dans l’après-midi. Les horaires ont même été avancés en raison de la pluie annoncée. Face à une météo qui a décidé de s’inviter à la fête, les organisateurs ont pris la sage décision de faire jouer les deux groupes du « off » à l’intérieur, plutôt que sur l’habituelle scène extérieure.
Programme du Samedi 03 octobre :
Stunvision / Tainted Light / Voices of Hecate / Gate of mind / Eiga / Septaria / Carcariass / KrashKarma / Eihwar
STUNVISION
L’ouverture du bal se fait donc avec STUNVISION. Si le groupe est présent aujourd’hui, c’est grâce au tremplin organisé par l’association du festival, qui s’était déroulé le 27 juin dernier au Secret Place. Arrivés à l’époque en terra incognita, les musiciens avaient terminé à la deuxième place, décrochant ainsi le sésame pour l’ouverture du « off » de cette 7eme édition.
Et finalement, merci le temps maussade ! Le groupe a ainsi pu profiter des conditions de la scène principale et de son jeu de lumières. L’écoute de leur E.P quatre titres, sorti il y a déjà un an, laissait entrevoir le potentiel de la formation. Mais en live, STUNVISION passe clairement au niveau supérieur ! Chaque musicien maîtrise parfaitement son instrument, qu’il s’agisse des guitares d’Alexandre et Sébastien ou de la section rythmique, avec la basse bien groovy d’Alexis, qui en impose aussi sur scène par sa stature, et la batterie de Mitch, que l’on avait déjà retrouvé la veille avec BRONCA. Sans oublier Pascal au clavier, qui apporte discrètement quelques ambiances venant enrichir l’ensemble dans sa subtilité. L’énergie du live apporte un véritable supplément d’âme au groupe, notamment grâce à la voix d’Alexandre dans laquelle on sent que tout vient des tripes. On a également le plaisir de découvrir trois nouveaux morceaux. Ce qui est une bonne surprise, car après les quatre titres de leur E.P on en aurait volontiers repris une dose ! Le final sur « Hold me up » est d’ailleurs magistral !
Certes, l’assemblée est encore clairsemée à cette heure pour un samedi, avec un démarrage à 13 h. Mais parmi les personnes présentes, le constat est unanime : STUNVISION a de sérieux arguments à faire valoir. Le groupe sait mêler avec beaucoup de justesse son Rock à des passages plus planants, tout en maintenant une atmosphère prenante du début à la fin. On ne peut toutefois s’empêcher de penser qu’un passage plus tardif, devant un public plus nombreux, aurait été largement mérité. Mais la formation est encore jeune et ce concert n’était que son deuxième ! Autant dire que proposer un concert déjà d’un très, très bon niveau est vraiment encourageant. Un groupe à suivre de près !
TAINTED LIGHT
Comme à son habitude, l’un des groupes programmés sur le « off » est une formation de reprises. Et cette année, ce sont les TAINTED LIGHT qui s’y collent. Et avec un nom pareil, rien d’étonnant à ce que le set démarre avec « Tainted love » de SOFT CELL. Flashback direct dans les années 80 ! Les plus nostalgiques se trémoussent, tandis que d’autres reprennent les paroles à tue-tête. De quoi mettre tout le monde dans l’ambiance !
Mais la playlist est loin de se limiter à cette décennie et se révèle plutôt variée. On passe ainsi de la Pop de Billie Eilish avec « Bad Guy » ou à « Toxic » de Britney Spears, revisité dans une version plus pêchue, avant de basculer vers le Punk Rock d’OFFSPRING et le rythme effréné de « T.N.T. » d’AC/DC. Le groupe nous réserve même un mash-up plutôt bien senti entre « Killing in the name » de Rage Against the Machine et le refrain de « Another brick in the wall » de Pink Floyd. Une association plutôt inattendue mais qui fonctionne parfaitement !
Par ailleurs, les cinq musiciens communiquent bien avec le public qui le leur rend largement. Et il faut dire que la vocaliste n’y est pas pour rien. Sa voix merveilleuse passe avec souplesse d’un style à l’autre, sans perdre en justesse ni en expressivité. Mais le moment le plus inattendu du show arrive lorsqu’elle nous offre, spécialité locale oblige, une interprétation presque a cappella du thème phare du jeu vidéo « Clair Obscur : Expédition 33 », du studio montpelliérain Sandfall Interactive. C’est alors un changement radical d’atmosphère. Un ange passe et la salle se laisse envelopper par cette parenthèse suspendue, pleine de douceur et de plénitude.
Bref, entre tubes revisités, surprises musicales et joli moment d’émotion, TAINTED LIGHT nous a offert une parenthèse musicale des plus agréables. Un bon moment de partage qui fait aussi partie du charme du « off « .
VOICES OF HECATE
Ensuite, on continue encore avec les formations issues du terroir avec VOICES OF HECATE, un groupe montpelliérain plutôt jeune sur le papier. On les avait découverts à l’été 2025 avec la sortie de leur single « Blinded by darkness ». Et pour l’occasion, la chanteuse Fay fait son entrée sur scène vêtue d’une robe rouge, dans un style chasseuse qui rappelle directement l’univers du clip accompagnant le morceau.
Grands vainqueurs du tremplin The Voice of Rock organisé en juin dernier, devant STUNVISION, le quintet a ainsi décroché sa place pour ouvrir cette deuxième journée du Just’n’Fest. Aussi, il est presque 16 h et la salle commence à se remplir un peu plus. On comprend vite que le groupe a déjà son public, bien présent et fidèle, notamment dans les premiers rangs.
Leur premier E.P, Lullabies, sorti il y a bientôt un an, est au cœur de la prestation. Et si les compositions avaient déjà de quoi séduire en version studio, leur Metal progressif aux touches mélodiques prend une toute autre dimension en live. Les riffs de guitare se font plus incisifs, solidement soutenus par une section rythmique basse/batterie bien lourde. Quant aux solos, ils résonnent avec toute la virtuosité nécessaire. Et qui dit Metal dit aussi premier circle pit de la journée ! La fosse commence sérieusement à s’échauffer et l’ambiance monte d’un cran.
Au chant, Fay livre une belle prestation avec sa voix rageuse et éraillée, qui apporte du caractère à l’ensemble et renforce encore plus l’intensité des morceaux.
Cela faisait un moment que je voulais voir VOICES OF HECATE sur scène. Pour une fois que les planètes s’alignent enfin, je ne suis pas déçu du voyage ! Une belle expérience live et une formation qui confirme tout le potentiel entrevu sur ses premières sorties.
GATE OF MIND
On continue avec GATE OF MIND, un autre groupe montpelliérain qui connaît bien le Just’n’Fest. Comme nous le rappelle Thibaud, leur frontman : « On a joué ici pour la première fois il y a 7 ans. Ici, c’est la maison ! « Et ça se sent !
Dès les premières notes de « Reveal the fall », leur mélange de Thrash et de Hardcore fait mouche. Le pit s’enflamme au quart de tour et ne désemplit pas pendant toute la setlist qui puise dans les E.P et singles sortis depuis déjà dix ans. De « Desire sensors » à « Awakening », en passant par « Marvelous Cell », leur dernier clip, les riffs bien lourds et l’énergie des morceaux mettent tout le monde d’accord. Ça pogote, ça slamme, les circle pits brassent l’air ambiant et le public répond présent à chaque instant.
Pour le dernier morceau, » Insane », Thibaud réclame un ultime wall of death en lançant un : « Ouvre-moi cette fosse en deux ! ». Le frontman ne se contente pas de mettre le feu depuis la scène ; il finit lui-même par slammer et se laisse porter par le public. Cette fois, on a clairement dépassé le stade de l’échauffement. Avec GATE OF MIND les portes de l’enfer sont grandes ouvertes !
EIGA
Comme le dit l’expression, jamais deux sans trois ! Après une courte pause, on enchaîne donc, vous l’aurez deviné, avec un troisième groupe montpelliérain : EIGA !
Formé en 2019 autour de deux frères, Aymeric au chant et Simon à la guitare, le groupe est une nouvelle preuve que le Just’n’Fest sait dénicher de belles pépites dans le vivier local. Et quelle découverte ! EIGA développe un Metalcore teinté de Nu Metal, avec des influences hip-hop. Le tout donne un son lourd et sombre, porté par des riffs incisifs, des rythmiques percutantes et une tension qui ne retombe jamais.
Le set démarre très fort et, comme pour le groupe précédent, EIGA impose son intensité et ne relâche pas la pression. Devant la scène, les moshers sont déchaînés, mais Aymeric n’oublie pas ceux qui restent un peu plus loin : « Allez, rapproche-toi ! On te voit pas au fond ! ». C’est violent, ça cogne et ça ne fait clairement pas dans la dentelle. Pourtant, le frontman sait aussi se montrer plus tendre au moment des remerciements, avec un petit mot pour sa maman, présente dans la salle. Comme quoi, même dans la brutalité, il reste de la place pour un peu d’amour !
On découvre également « Drop Dead », leur nouveau single joué en avant-première, qui annonce la suite des aventures du groupe. Dans la fosse, les circle pits sont nerveux et l’intensité ne retombe jamais. Sur l’avant-dernier morceau, Aymeric réclame un wall of death : « On arrive déjà presque à la fin du set. Sépare-moi ça ! Allez, on s’écarte, monsieur ! » Le public s’exécute et la tension monte encore d’un cran. Pour le dernier titre, comme l’annonce le frontman, il est temps de « lâcher la bête« . Son frère Simon prend alors le micro et nous balance une véritable déferlante de rage et d’énergie en pleine figure !
Voilà la claque qu’on attendait ! EIGA confirme tout le potentiel entrevu pendant ce set et mérite clairement qu’on garde un œil sur lui. Pour ceux qui veulent remettre ça, rendez-vous le 22 janvier au Rockstore de Montpellier, où le groupe sera en tête d’affiche pour un concert gratuit, avec ICE SEALED EYES !
SEPTARIA
Il y a des groupes qu’on apprécie plus que d’autres et qu’on ne se lasse vraiment pas de voir en concert. SEPTARIA fait clairement partie de ceux-là. Dire qu’il y a quatre ans, je découvrais ce jeune groupe, lauréat d’un tremplin musical du côté d’Aix-en-Provence, qui ouvrait alors pour Pogo Car Crash Control, parrain de l’édition. Depuis, le chemin parcouru est beau à voir et, ce soir, c’est déjà la huitième fois que je les retrouve sur scène. Autant dire qu’au fil des concerts, on finit par s’attacher à ces musiciens et qu’on prend un vrai plaisir à les voir évoluer. Et ils en ont fait du chemin depuis leurs débuts ! SEPTARIA gravit doucement, mais sûrement, les échelons, avec notamment un passage sur la Hellstage du Hellfest en 2025, puis sur la scène Craft du V and B Fest cet été. Voir un groupe qu’on suit depuis ses débuts franchir ces étapes, c’est toujours une petite fierté de spectateur. Et ce soir, ils vont encore me donner de bonnes raisons de les suivre.
Les lumières s’éteignent et le groupe lance son set sur les notes douces de l’intro de « Moment Présent ». La montée se fait progressivement, avant que tout n’explose et nous embarque pour un voyage de sept minutes. Une entrée en matière qui ne manquera pas de scotcher ceux qui découvrent SEPTARIA pour la première fois. L’enchaînement direct avec « Nocturne », au ton plus martial, accompagné d’un jeu de lumières parfaitement adapté, confirme d’emblée que le groupe n’est pas là pour faire de la figuration.
Et franchement, il n’y a pas photo. Après bientôt deux ans à tourner régulièrement, le groupe a clairement franchi un cap. Le jeu de scène est désormais bien maîtrisé et la puissance de feu impressionnante. C’est un véritable mur du son qui nous tombe dessus, avec toujours cette richesse musicale qui demande parfois de se laisser porter pour en saisir toutes les nuances. Dans le public, les premiers instants sont plutôt calmes. Beaucoup semblent absorbés par cette musique complexe et immersive. Mais « Sagittarius » vient sortir les plus aguerris de leur contemplation, avec ses passages plus énervés qui réveillent rapidement la fosse.
« Astar » offre ensuite une petite respiration, avant un enchaînement de morceaux jusqu’à la fin du set qui fonctionne particulièrement bien. Dans le public, les adeptes du circle pit s’en donnent à cœur joie et un wall of death est exécuté dans les règles de l’art. La salle s’anime et SEPTARIA continue de dérouler sa musique avec assurance.
Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, les membres du groupe m’ont glissé en coulisses qu’ils travaillaient sur de nouveaux morceaux dans leur propre studio, désormais installé dans le Var. Autant dire que la nouvelle fait plaisir. Suivre un groupe depuis ses débuts, le voir prendre de l’ampleur concert après concert et savoir que la suite se prépare, c’est aussi ça qui rend l’aventure si belle. Hâte de découvrir ce que SEPTARIA nous réserve pour la suite.
CARCARIASS
Avec CARCARIASS, on s’éloigne un peu plus des terres du Sud pour accueillir un groupe originaire de Franche-Comté. Formé au début des années 90, le quatuor fait partie des vétérans de la scène Death Metal française. J’avoue avoir suivi le groupe d’un peu plus loin ces dernières années, mais c’est un plaisir de retrouver sur scène le noyau dur du line-up, avec Pascal à la guitare, Bébert à la batterie et Raph à la basse, tous trois fidèles au poste depuis les débuts. Du côté des nouvelles têtes, Bob assure la guitare rythmique, tandis que Jérôme, également chanteur du groupe suisse SCIENCE OF DISORDER, prend en charge le chant avec aisance et puissance. Avec son gabarit imposant et sa casquette vissée sur la tête, il a tout du videur d’un bar de motards à qui on n’irait pas chercher des noises ! Son arrivée permet à Raph de se consacrer pleinement à la basse, lui qui assurait également le chant auparavant.
Musicalement, si CARCARIASS évolue bien dans la sphère Death Metal, le groupe ne se laisse pas enfermer dans les codes du genre. Certains passages tirent davantage vers le Heavy ou le Thrash. La setlist est plus axée sur les deux derniers albums, Planet Chaos (2019) et Afterworld (2023), sans oublier quelques morceaux incontournables plus anciens, comme « Revenger » ou « Watery Grave » avec son introduction envoûtante à la basse.
Dans la fosse, le public répond présent. L’ambiance est certes moins brutale que lors des deux groupes précédents, mais c’est aussi l’occasion de prendre le temps d’apprécier la précision des musiciens et de se laisser embarquer par les solos de guitare. Les riffs sont efficaces, les parties instrumentales bien maîtrisées et l’ensemble témoigne de l’expérience du groupe. Un bon moment, donc, et surtout une première pour moi. Après toutes ces années, il était temps d’enfin voir CARCARIASS en concert ! Avec plus de trente ans de carrière au compteur, les Francs-Comtois ont largement eu le temps de peaufiner leur art.
KARSHKARMA
Il est presque 22 h lorsque les lumières de la salle s’éteignent à nouveau. La voix de Niki, batteuse et chanteuse du groupe, retentit alors qu’un rythme presque de tambour de guerre se fait entendre au fond de la salle. Le son se rapproche petit à petit de la scène… Car oui, comme à son habitude, Niki fait son entrée avec sa caisse claire portative avant de rejoindre son binôme Ralf sur scène pour lancer le show avec « Gone ».
C’est la deuxième fois que je vois KRASHKARMA, après leur prestation bouillonnante en clôture du Hellfest le Off 2025. Et quel plaisir de les retrouver ! À deux sur scène, le duo a prévu de quoi habiller l’espace avec un immense backdrop qui recouvre tout le fond de la scène. Après le premier titre, Ralf présente le groupe aux novices : « We are Krashkarma from Los Angeles! » De mémoire de festivalier, KRASHKARMA est le premier groupe international à fouler la scène du Just’n’Fest. En pleine tournée européenne, les Américains ont donc posé leurs valises à Saint-Just, et c’est une sacrée chance pour le public !
Aux commandes, Ralf Dietel et Niki Skistimas forment un duo aussi atypique qu’efficace. Ralf assure le chant et les cordes avec sa guitare-basse hybride, un instrument qui lui permet de réunir les riffs de guitare et les lignes de basse pour un son particulièrement massif. Face à lui, Niki alterne entre batterie et chant, avec une frappe en douceur et des parties vocales mélodiques qui viennent parfaitement contrebalancer la puissance de son partenaire. À eux deux, ils remplissent la scène et ne laissent aucun répit au public. Le show est à l’image du duo : brut, intense et dynamique. Les morceaux s’enchaînent quasi sans temps mort, avec notamment « Wake them up », « Falling pieces », « Tap dancing through minefields » ou encore « Survive the afterlife ». À cette heure avancée, la salle est bien remplie et KRASHKARMA a clairement le public dans la poche. Comme à son habitude, le groupe glisse une reprise dans son set avec « Ace of Spades » de MOTÖRHEAD, qui fait aussitôt monter la température encore d’un cran.
Dans le public, ça s’active sur les rythmiques les plus rapides, tandis que les échanges entre le groupe et la salle sont tout simplement excellents. Pendant près d’une heure, une véritable communion s’installe avec cette énergie qui circule dans les deux sens et ne faiblit jamais. Après le concert, les deux musiciens nous confieront d’ailleurs trouver le public français « awesome ! » Et franchement, le sentiment est partagé !
Un vrai régal de retrouver KRASHKARMA sur scène et de pouvoir échanger avec eux après le show. Le duo prend aussi le temps de rencontrer les fans au stand de merch, où ils se plient en quatre pour répondre aux sollicitations. Une prestation généreuse, un groupe accessible et une sacrée dose d’énergie. Voilà le genre de rencontre qui fait aussi toute la force d’un festival !
EIHWAR
Il est l’heure d’accueillir EIHWAR, la tête d’affiche qui vient clôturer cette 7eme édition du Just’n’Fest. On avait justement quitté le duo fin juillet, déjà en clôture du Volcanic Fest. Cette fois encore, la salle est comble et c’est dans un registre bien différent de tout ce qu’on a pu entendre durant le week-end que la soirée va se terminer, avec leur fameux mélange d’électro et de sonorités vikings.
Dans une ambiance tamisée aux lumières rougeâtres, Mark, perché sur sa plateforme, lance les premières frappes sur ses pads. L’air de « Heill Óðinn » envahit alors la salle, porté par la voix lyrique d’Asrunn. Le public réagit immédiatement. On tape dans les mains, certains commencent à danser… L’atmosphère est lancée et elle est clairement à la fête ! Sans transition, le duo enchaîne avec « Yggdrasil’s renewal » puis « Freyja’s Calling ». Asrunn arpente la scène avec son tambour chamanique, avant de se lancer dans ses mouvements et déhanchés aux accents tribaux. Difficile de rester statique devant une telle énergie.
Le duo prend ensuite quelques instants pour se présenter : « On est Eihwar ! Et on est très contents d’être avec vous ce soir ! » Avant d’ajouter, avec humour : « Même si ça pique, hein ! 23 h 30, on ne va pas se le cacher ! » Une petite pointe d’autodérision qui fait sourire la salle mais pas question de baisser la garde pour autant. Après ce début particulièrement intense, place à un moment plus intimiste. Mark prend sa guitare acoustique et vient s’asseoir aux côtés d’Asrunn, au bord de sa plateforme, pour interpréter « Sir Mannelig ». L’ambiance change alors du tout au tout; plus douce presque suspendue. Le public reprend même l’air a cappella en chœur, dans un joli moment de communion.
Mais le répit est de courte durée. « Völva’s Chant » relance progressivement les rythmiques tribales avant que l’intensité ne grimpe à nouveau. Avec « Ragnarök« , la salle repart de plus belle, puis c’est un véritable saut collectif sur « Hugrheim« . Le public ne désemplit pas jusqu’au bout du set. Comme quoi, les rythmes ancestraux revisités à la sauce électro ont aussi de quoi séduire les rockeurs et les métalleux. Enfin, « Berserkr » vient conclure le concert et cette édition du festival en beauté, sous les acclamations du public. Une dernière décharge d’énergie pour refermer le Just’n’Fest sur une note bien festive et fédératrice.
Et voilà qu’une nouvelle édition du Just’n’Fest a tenu toutes ses promesses ! Au-delà de la programmation, toujours aussi qualitative et éclectique, c’est surtout cette ambiance de festival à taille humaine qui fait la différence. Ici, on retrouve d’une année sur l’autre les mêmes têtes, les potes, les passionnés et cette impression agréable d’être un peu en famille. On prend le temps d’échanger, de découvrir des groupes et de profiter des concerts sans perdre ce côté convivial qui devient parfois rare dans les grands événements.
Et côté musique, il y avait largement de quoi se régaler, entre les formations locales à suivre de près et les groupes venus de plus loin. La deuxième journée s’est terminée en beauté avec EIHWAR, devant une salle bien remplie et un public toujours au rendez-vous malgré l’heure tardive. Aussi, le festival pérennise chaque année avec la même bonne recette : du bon son, des retrouvailles, de belles découvertes et toujours un final explosif. Le Just’n’Fest confirme qu’on peut voir les choses en grand tout en gardant l’esprit d’un festival à taille humaine. Vivement la prochaine édition.
