Metal Nights : Blind Wisdom, Syr Daria et Marie Antoinette – 09/05/2026
Le 9 mai dernier, la ville de Martigues vibrait une nouvelle fois au son des guitares saturées à l’occasion d’une soirée Metal Nights organisée par Groudoudou Events. Des Niçois de MARIE ANTOINETTE et leur Metal alternatif intense et mélodique, aux Alsaciens survitaminés de SYR DARIA venus déverser leur Heavy ultra énergique, jusqu’au Power Metal épique des Catalans de BLIND WISDOM, la soirée aura offert un véritable voyage à travers différentes facettes du Metal hexagonal. Trois univers différents, mais une même envie de défendre le live avec sincérité et générosité. Retour sur une soirée qui a prouvé, une fois encore, que la scène Metal underground française déborde de talents à suivre de très près.
MARIE ANTOINETTE : la décapitation sonore venue de Nice
Bien que la planète entière ait redécouvert son image lors de la spectaculaire prestation de GOJIRA aux Jeux Olympiques de Paris, l’iconique et tragique Marie-Antoinette qui se présente à nous ce samedi soir n’a rien d’une figure figée dans les livres d’Histoire. Celle-ci nous vient tout droit de Nice sous la forme d’un quatuor, prêt à faire tomber quelques têtes à coups de riffs acérés et de refrains entêtants.
Actif depuis 2012, MARIE ANTOINETTE façonne progressivement un univers où se fusionnent Rock moderne, Metal et envolées mélodiques. Aussi, le groupe niçois développe une identité forte, bâtie sur des compositions alternant lourdeur, atmosphères plus aériennes et intensité émotionnelle. Une formule pleinement affirmée sur Psycho Healer, leur album paru en 2024, dont les sept morceaux seront joués ce soir. Une montée en puissance qui a récemment conduit le groupe à rejoindre le roster de Victory Productions en mars dernier.
Il est 20h lorsque les lumières s’éteignent dans la salle du Grès tandis qu’un extrait d’Alice au pays des merveilles de Disney résonne dans les enceintes. La célèbre Reine de Cœur hurle alors son mythique « Qu’on lui tranche la tête !« . Le décor est planté, le clin d’œil parfaitement assumé. MARIE ANTOINETTE déboule immédiatement avec « Stoner« , morceau qui, malgré son titre, lorgne davantage du côté d’un Rock moderne énergique que vers les longues volutes sabbathiennes du genre auquel il emprunte son nom. Très vite, Loy (Loriane) capte tous les regards. La chanteuse déborde d’énergie et impose une présence scénique naturelle. Son chant légèrement éraillé apporte une coloration Rock, tandis que plusieurs passages en growl et en screams viennent renforcer la dimension Metal des compositions. Une polyvalence vocale qui donne encore plus de relief aux morceaux du groupe. Derrière elle, Zuul (guitare), Sol Carelus (basse) et Alexor (batterie) déroulent sans faiblir une mécanique parfaitement huilée où guitares lourdes et rythmique compacte avancent au diapason.
Le set déroule dix titres particulièrement bien construits, naviguant constamment entre passages plus calmes et montées en puissance explosives. « Healer« , dont le clip est sorti en mars 2025, se révèle être une véritable déflagration en live. Riffs massifs, batterie martelée avec intensité et refrain fédérateur en font clairement l’un des grands moments du concert. Autre énorme coup de cœur de notre côté : « My last star », morceau chargé émotionnellement qui dévoile toute la capacité du groupe à mêler puissance et sensibilité sans jamais perdre en intensité. La setlist permet également de découvrir trois nouveaux titres encore inédits. Sans trop en dévoiler, on sait déjà que MARIE ANTOINETTE prévoit l’enregistrement d’un nouvel album au printemps 2027, et ces nouvelles compositions laissent entrevoir une évolution prometteuse de leur univers.
Le final arrive avec « Lost in Russia », morceau résolument Rock où la guitare et la section rythmique s’emballent dans une frénésie contagieuse. Une conclusion idéale pour une prestation qui aura parfaitement lancé cette soirée Metal Nights. MARIE ANTOINETTE livre une prestation sincère, énergique et particulièrement convaincante pour une première apparition de ce côté-ci de la Provence. Une chose est sûre : on suivra attentivement la suite de leur aventure… en espérant, d’ici là, ne pas perdre la tête.
SYR DARIA : l’ouragan Heavy venu d’Alsace
Changement total d’ambiance avec l’arrivée sur scène des Alsaciens de SYR DARIA. Formé en 2007, le quintet développe depuis bientôt deux décennies un Heavy Metal moderne et nerveux. Le résultat donne un cocktail explosif où Heavy traditionnel, Thrash et Groove Metal s’entrechoquent avec efficacité. Une identité que le groupe a pleinement affirmée avec Dark carousel, son quatrième album paru en septembre 2025 chez M&O Music.
Et sur scène, autant dire que les cinq gaillards n’ont pas fait sept heures de route pour enfiler des perles. Après une courte intro, « Beast is back » déboule sans prévenir et confirme immédiatement que ce soir, ça va cogner sévère côté Heavy Metal. Les riffs claquent, la rythmique groove à mort et la salle commence doucement à s’animer, même si le public reste encore légèrement en retrait durant les premières minutes. Mais c’était sans compter sur Guillaume. Véritable pile électrique, le frontman déborde d’énergie du début à la fin et possède ce talent rare de transformer une fosse timide en public totalement acquis à sa cause. Entre deux morceaux, le chanteur multiplie les interactions avec un humour particulièrement efficace : « On vient d’Alsace, c’est pour ça qu’on a cet accent de merde ! », avant d’enchaîner avec un très sérieux : « Et l’Alsace, non, ce n’est pas l’Allemagne… Ah, et Europa Park, ce n’est pas chez nous non plus ! ». La salle éclate de rire et la barrière entre groupe et public disparaît instantanément. Ici, tout respire la sincérité, la bonne humeur et le plaisir d’être sur scène.
Musicalement, Thomas et Michel balancent des riffs tranchants et parfaitement exécutés avec une vraie complicité dans les échanges de guitares. Derrière, Pascal apporte un groove massif à la basse tandis que Christophe – véritable mastodon derrière les fûts – maintient l’ensemble de sa frappe puissante.
Le groupe est venu défendre Dark carousel en jouant pas moins de sept morceaux issus de l’album. Des titres taillés pour le live, aux refrains fédérateurs et à l’énergie communicative. Les compositions plus anciennes ne sont pas oubliées pour autant, notamment avec « Tears of a clown », moment fort du set durant lequel Guillaume descend carrément dans la fosse au milieu d’un circle pit en fusion. Une scène qui résume parfaitement l’esprit de SYR DARIA. Aucune distance, aucune posture, juste cinq passionnés venus partager leur musique avec une intensité totale.
Au fil du concert, la fosse se colle devant la scène, les têtes s’agitent et l’ambiance devient franchement électrique. Guillaume finira même par descendre une dernière fois de scène en fin de set pour remercier le public au plus près, concluant une prestation aussi généreuse qu’explosive. Clairement, SYR DARIA aura été l’une des belles surprises de cette soirée Metal Nights. Un groupe ultra efficace en live et porté par une énergie contagieuse qui aura marqué bien des esprits à Martigues.
BLIND WISDOM : le power metal épique en guise de final
Il est désormais temps d’accueillir la tête d’affiche de cette soirée Metal Nights : BLIND WISDOM. Formé en 2015 autour du bassiste Lénaïc Schatt, le quatuor originaire de la région perpignanaise s’est rapidement forgé une solide identité dans un registre Power/Heavy Metal. Chez BLIND WISDOM, certaines influences sautent immédiatement aux oreilles. Mais loin de simplement reproduire ses références, le combo catalan parvient à développer une vraie personnalité portée par de solides compositions, mélodiques et résolument épiques.
À titre personnel, BLIND WISDOM faisait partie des découvertes de cette affiche. Quelques écoutes avant le concert avaient déjà éveillé une certaine curiosité, avec ce sentiment immédiat de replonger dans cette époque où beaucoup d’entre nous ont découvert le Metal par la porte du Heavy Metal traditionnel. Et autant dire qu’en live, l’effet est encore plus marquant.
Pendant le changement de plateau, les premiers indices apparaissent déjà : trois pieds de micros entourés de grosses chaînes métalliques trônent sur scène. Aucun doute, l’esthétique sera pleinement assumée. Puis les lumières s’éteignent et le groupe fait son entrée. Immédiatement, le visuel impressionne. Immense backdrop à l’effigie du groupe, longues vestes de cuir, pantalons e cuir noirs impeccables et chaussures New Rock parfaitement dans le thème. BLIND WISDOM ne fait pas semblant et affiche d’entrée un univers cohérent jusque dans les moindres détails.
Et musicalement, ça démarre très fort avec « Between bright and pitch black », leur dernier single paru l’an dernier. Un morceau énergique et épique qui pose immédiatement les bases du set. Dès les premières minutes, impossible de ne pas ressentir les influences majeures du groupe. Les guitares rappellent autant Blind Guardian que Gamma Ray, tandis que certaines envolées vocales évoquent clairement Bruce Dickinson. Christophe impressionne d’ailleurs tout au long du concert par sa prestation au chant. Il possède ce timbre typiquement Heavy qui colle parfaitement au registre du groupe.
Autour de lui, les musiciens déroulent une partition particulièrement maîtrisée. Jean-Luis et Christophe se répondent constamment dans des duels de guitares techniques et mélodiques, multipliant les riffs rapides et les soli parfaitement exécutés. La basse apporte une assise solide à l’ensemble tandis que Sylvain, derrière les fûts, impressionne par son endurance sur les passages les plus speed sans jamais perdre le sourire. Le groupe renforce également le côté épique de ses compositions grâce aux nombreux chœurs assurés par les musiciens, notamment sur « Abnegation » ou « Not Alone », dont les refrains prennent une ampleur fédératrice en live. L’un des sommets du set reste sans doute « Dark Knight ». Avec ses plus de huit minutes, le morceau illustre parfaitement le savoir-faire du groupe. Une pièce dense et ambitieuse qui démontre toute la qualité d’écriture de BLIND WISDOM.
Le groupe ne joue que huit morceaux ce soir, mais au vu du format de certaines compositions et de l’intensité demandée par ce style de Metal, cela semble finalement parfaitement logique. Aussi, chaque titre prend le temps de respirer et permet d’apprécier pleinement le travail de ces véritables artisans du Heavy/Power Metal. Le final arrive avec « Every end is a new beginning ». Un morceau particulièrement symbolique tant il résume bien l’impression laissée par cette prestation : celle d’un groupe encore en pleine ascension mais déjà capable de livrer un concert solide, maîtrisé et profondément sincère.
Avec trois groupes aux univers bien distincts mais animés par la même passion du live, cette nouvelle édition des Metal Nights aura une nouvelle fois confirmé le travail précieux réalisé par Groudoudou Events pour faire vivre la scène Metal dans la région martégale. Entre découvertes, énergie communicative et prestations solides, la soirée aura laissé plus d’un spectateur avec l’envie de replonger rapidement dans la fosse. Bonne nouvelle, la prochaine Metal Nights se tiendra le 27 juin 2026 pour une ultime soirée avant la pause estivale. Une dernière occasion de faire rugir les amplis avant l’été.
