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[Live Report] Release party de SOCIAL PROPHECY avec BREAK THE VOID et SOUL SPLITTER en invités

Le vendredi 29 mai, la salle du Roucas à Vitrolles (13) avait des allures de cocotte-minute métallique. Malgré une chaleur déjà bien installée avant même les premiers accords, les amateurs de Metal avaient répondu présents pour célébrer un événement de la scène locale : la release party de Tourments, le nouvel album de SOCIAL PROPHECY.
Pour marquer le coup, les Marseillais avaient convié deux formations complémentaires : BREAK THE VOID pour ouvrir les hostilités et les Niçois de SOUL SPLITTER pour conclure la soirée. Un plateau aussi cohérent qu’explosif qui promettait de faire monter la température d’un cran supplémentaire dans une salle déjà transformée en véritable brasier. Retour sur une release party qui a tenu toutes ses promesses.

BREAK THE VOID : une entrée en matière explosive

C’est BREAK THE VOID qui a la responsabilité d’ouvrir les hostilités ce soir. Une mission dont le quatuor s’acquitte avec assurance dès les premières minutes. Pour notre part, cette prestation revêtait une saveur particulière. En effet, après avoir fait la chronique de l’E.P Furthest Mountains lors de sa sortie à l’été 2025, c’était enfin l’occasion de découvrir ces morceaux dans leur environnement naturel : la scène !

Dans une lumière bleutée et sur fond d’introduction martiale, David, Thomas, Audrey, Lionel et Alexis prennent place avant de lancer les premières notes de « The unifier ». D’emblée, le ton est donné. Les riffs sont massifs, la section rythmique impose sa puissance et David impressionne par sa capacité à alterner chant clair et vocalises plus agressives. Une formule qui résume parfaitement l’identité du groupe : un Metalcore moderne où mélodie et brutalité cohabitent avec équilibre.

Mais ce qui frappe rapidement chez BREAK THE VOID, au-delà des qualités musicales, c’est cette volonté permanente d’impliquer le public. Les échanges sont nombreux, naturels et sincères. On sent un groupe désireux de partager chaque instant avec les personnes massées devant la scène.
Cette proximité se traduit également par plusieurs apparitions d’amis de la scène locale. Sur « The Winter Boxwood« , dont le clip a été dévoilé cette année, Damien et Ben du groupe OWN THE DAY rejoignent David au micro. Une belle initiative qui illustre parfaitement l’esprit de camaraderie régnant sur la scène locale. Dans la foulée, le premier circle pit de la soirée se met en mouvement. Les invités continuent de défiler lorsque Max, chanteur de SOCIAL PROPHECY, vient prêter sa voix sur « The Substance ». Plus mélodique et émotionnel, le morceau apporte une respiration bienvenue tout en mettant en valeur la complémentarité des deux frontmen.

Le groupe enchaîne ensuite avec « HPPD », titre d’ouverture de son E.P. Le morceau était un uppercut sur disque mais en live c’est encore plus une claque. David y déploie l’étendue de son registre vocal, passant du chant clair aux growls les plus rageurs. Derrière lui, Audrey martèle sa batterie avec précision tandis que les guitares construisent un mur sonore aussi massif qu’accrocheur.

Malgré la chaleur qui commence sérieusement à peser, le public répond présent. Les pogos s’enchaînent, les circle pits se multiplient et un wall of death vient secouer la fosse sur « Break Through ». L’un des moments les plus marquants du set survient lorsque Lionel avec sa guitare quitte la scène pour rejoindre le public durant « Wipe this from your face« . Immédiatement, un circle pit se forme autour du guitariste et la fosse s’anime de plus belle, offrant une image parfaitement représentative de l’état d’esprit du groupe : abolir la frontière entre la scène et le public.

Après une ultime décharge d’énergie sur « Ataraxia », BREAK THE VOID quitte la scène sous les applaudissements d’une salle déjà bien chauffée. Une entrée en matière réussie qui a parfaitement lancé cette release party. Quant à nous, quelques minutes à l’extérieur pour reprendre notre souffle ne seront pas de trop avant la suite des festivités.

SOCIAL PROPHECY : une release party riche en émotions

Après cette première partie de soirée déjà intense, vient enfin le moment que tout le monde attend. Car si BREAK THE VOID a déjà fait vibrer le Roucas, cette soirée est avant tout celle de SOCIAL PROPHECY. Celle de l’aboutissement de plusieurs années de travail. Celle de la célébration de Tourments, leur tout premier album.

Cela se ressent immédiatement dans l’atmosphère qui règne dans la salle. Au-delà des habitués de la scène locale, de nombreux proches du groupe ont fait le déplacement pour partager ce moment important. Une ambiance chaleureuse et bienveillante est ressentie, comme si toute la salle s’était donné rendez-vous pour célébrer ensemble cette nouvelle étape dans l’histoire du groupe.

Les premières notes de « 3 A.M » résonnent alors que les jeux de lumière commencent à scintiller au fond de la scène. C’est l’intro de l’album et elle installe progressivement la tension avant l’arrivée des musiciens. Les cris redoublent lorsque Mathis et Olivier aux guitares, Mathias à la basse et William derrière les fûts apparaissent, tous vêtus de blanc. Un contraste visuel saisissant avec Max qui entre à son tour dans une tenue plus sombre, au look Rock : jean’s, Converse et veste à franges. Une présence scénique naturelle qui attire immédiatement le regard.

Comme sur l’album, l’introduction débouche directement sur « Forever (And a day) ». Le public explose instantanément et la fosse se remet en mouvement. SOCIAL PROPHECY ne laisse aucun temps mort et enchaîne avec « Clone », puis « Jail », dont le refrain plus mélodique rappelle l’une des grandes forces du groupe. Car si leur musique repose sur une base Metalcore, elle ne se limite jamais à l’agressivité ou à la puissance. SOCIAL PROPHECY sait jouer avec les contrastes, alterner passages lourds et moments suspendus, sans jamais perdre en cohérence. Cette capacité à transmettre de l’émotion constitue même l’une des signatures du groupe. À travers sa voix, mais aussi par sa présence scénique, Max parvient à instaurer une proximité presque immédiate avec son public. Ses passages les plus doux viennent équilibrer les déferlantes de riffs et apportent une profondeur supplémentaire à des compositions déjà particulièrement travaillées.

Petit plaisir personnel quand les premières notes de « Crushed » retentissent. C’est mon coup de coeur de l’album et j’en profite pour m’égosiller la voix sur le refrain que je reprend en chœur.

Puis vient probablement le moment le plus inattendu de la soirée. Les lumières se font plus discrètes et Max prend quelques instants pour rappeler l’importance de cette date pour le groupe. Pour célébrer la sortie de Tourments, le groupe a préparé une surprise. William, Mathias et Olivier quittent alors temporairement la scène, laissant Max et Mathis seuls face au public pour une interprétation acoustique de leur single « Unchanged ». Installé au bord de la scène, au plus près des premiers rangs, Max livre une prestation d’une sincérité désarmante. Dans cette configuration dépouillée, le morceau révèle une nouvelle facette de sa personnalité. Pendant quelques minutes, l’agitation laisse place à une forme de sérénité. Les regards se fixent sur les musiciens, les discussions cessent et une bulle de calme semble envelopper la salle entière. Un instant suspendu, rare et précieux.

Mais SOCIAL PROPHECY n’est pas venu uniquement pour émouvoir. La parenthèse se referme rapidement lorsque le reste du groupe revient sur scène. « Est-ce que vous êtes prêts à secouer le Roucas comme il faut ? » lance Max à une foule déjà conquise. La réponse ne se fait pas attendre et le groupe repart de plus belle avec « Silence », véritable décharge d’énergie qui remet instantanément la fosse en ébullition, avant d’enchaîner avec l’envoûtant « Insomnia ».

Alors que l’on pense assister aux derniers instants du concert, une ultime surprise attend encore le public. David, chanteur de BREAK THE VOID, rejoint SOCIAL PROPHECY pour interpréter « One step closer » de Linkin Park. Groupe qui fait partie des influences du groupe et de toute une génération. L’alchimie entre David et Max fonctionne à merveille. Le public reprend les paroles, porté par une nostalgie collective et une énergie communicative. Dans un dernier élan fédérateur, les deux chanteurs demandent à toute la salle de s’accroupir avant de la faire bondir d’un seul mouvement au moment du refrain final. Une image forte, symbole parfait de cette release party : un groupe célébrant son premier album entouré de ses amis, de ses proches et d’un public entièrement acquis à sa cause.

Pour SOCIAL PROPHECY, cette soirée n’était pas seulement un concert. C’était une étape importante de son parcours. Et à voir les sourires sur scène comme dans la salle, difficile d’imaginer plus belle façon de fêter la naissance de Tourments.

SOUL SPLITTER : l’ultime décharge

Pour clôturer cette soirée déjà particulièrement éprouvante sur le plan thermique, c’est SOUL SPLITTER qui prend possession de la scène du Roucas. Quelques spectateurs ont malheureusement cédé et ont quitté les lieux face à la chaleur étouffante qui règne dans la salle. Toutefois, les plus courageux sont restés pour assister à ce qui allait devenir l’un des moments les plus intenses de la soirée. 

Le quatuor venu de Cannes est en effectif réduit ce soir. Leur bassiste, malade, est cloué au fond de son lit. Qu’importe. Même transformé en trio le temps d’un soir, SOUL SPLITTER ne perd rien de sa puissance de frappe.  Deux mois après une première découverte remarquée lors du Headbang Festival, la formation confirme tout le bien que l’on pensait d’elle. 

Porté par un Metalcore teinté de Hardcore, le groupe déclenche rapidement les hostilités dans une fosse qui n’attendait que cela. Aussi, pour ceux qui voulaient de la bagarre -comme on dit dans le pit – ils ont eu droit à leur moment d’émotions. Windmill et kick moshing ont été au rendez-vous, sans oublier des passages en two-steps. Le tout parfaitement exécuté ! Une véritable démonstration d’énergie qui témoigne de la connexion entre le groupe et un public prêt à tout donner malgré les conditions.

La prestation met naturellement à l’honneur No Closure No Cure, leur E.P paru le 16 mai dernier. Les quatre titres qui le composent trouvent parfaitement leur place dans la setlist : « Still », « Deceptive serpent », « Herd of Sheep » et le morceau-titre « No Closure No Cure » s’enchaînent avec une redoutable efficacité.
Au centre de cette déferlante, Charley au chant impressionne par son endurance. Torse nu pour tenter de supporter la température ambiante, le frontman multiplie les sollicitations auprès du public. Il réclame et obtient successivement circle pits et wall of death. Dans un bel esprit de camaraderie propre à la scène locale, il tend à deux reprises son micro dans la foule à Leny, guitariste de VULHER, qui semble connaitre les paroles sur le bout des doigts.

Intense, voilà sans doute le mot qui résume le mieux cette prestation. Malgré un effectif réduit et une chaleur presque insoutenable, SOUL SPLITTER a livré un set sans concession et généreux, concluant cette release party avant de reprendre la route vers la Côte d’Azur.

Au terme de cette soirée une chose est certaine : la release party de Tourments restera comme un moment important dans l’histoire de SOCIAL PROPHECY. Entouré de ses proches, de ses amis musiciens et d’un public particulièrement réceptif, le groupe a célébré de la plus belle des manières la sortie de son premier album. Break The Void a parfaitement lancé les hostilités, Social Prophecy a confirmé tout son potentiel devant son public, tandis que Soul Splitter est venu conclure les festivités avec une dernière déferlante d’énergie.
Au-delà des performances musicales, c’est surtout l’esprit de camaraderie, la bienveillance et la passion qui ont marqué cette soirée, démontrant une nouvelle fois toute la richesse de la scène Metal locale.

Un grand merci à Seb, manager de SOCIAL PROPHECY,  pour son accueil et l’accréditation qui nous a permis de couvrir cet événement dans les meilleures conditions. Nous souhaitons également le meilleur à SOCIAL PROPHECY pour la suite de l’aventure Tourments, un album qui mérite assurément de trouver son public bien au-delà des frontières de la région.