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KINGCROWN – « Moonfall »

Le Power Metal français passe à la vitesse supérieure

Il y a des groupes qui avancent tranquillement, album après album, jusqu’à finir par imposer leur nom comme une évidence. KINGCROWN fait clairement partie de ceux-là. Depuis sa création, la formation menée par les frères Jo et David Amore n’a cessé de consolider son identité, entre Heavy Metal traditionnel, Power Metal mélodique et influences plus contemporaines.
Après un Nova Atlantis particulièrement réussi en 2024, le groupe revient déjà avec Moonfall, son quatrième album. Dix nouveaux titres qui confirment la direction prise ces dernières années, tout en poussant un peu plus loin les curseurs de la puissance, de la mélodie et de l’efficacité.

De NIGHTMARE à KINGCROWN

Pour ceux qui suivent la scène Metal française depuis quelques années, les noms de Jo et David Amore ne sont évidemment pas inconnus. Les deux frères ont notamment marqué l’histoire de NIGHTMARE, avant de lancer en 2015 un nouveau projet baptisé ÖBLIVÏON.
Après l’album Resilience, le groupe évolue et devient officiellement KINGCROWN en 2018. Le changement de nom s’accompagne progressivement d’une identité musicale plus affirmée, tournée vers un Heavy/Power Metal mélodique qui assume pleinement ses racines européennes.

A Perfect world paraît en 2019, suivi de Wake up call en 2022, avant que Nova Atlantis ne marque une nouvelle étape en 2024. Un album plus ambitieux qui permet au groupe de franchir un nouveau cap.

Et si les frères Amore sont les figures centrales du groupe, ils peuvent compter sur un line-up particulièrement stable avec Bob Saliba et Ced Legger aux guitares ainsi que Sébastien Chabot à la basse. Cette formation désormais bien rodée semble avoir trouvé une formule qui lui correspond parfaitement.
Par ailleurs, même si le groupe dispose d’une audience internationale, il reste particulièrement agréable de voir des musiciens issus de notre scène du Sud de la France continuer à porter haut les couleurs du Metal hexagonal.

KINGCROWN : "Moonfall", nouveau album

MOONFALL : Entre Heavy, Power et science-fiction

Dès les premières secondes du morceau-titre, le constat est assez simple : KINGCROWN n’est pas venu pour faire dans la demi-mesure. « Moonfall » ouvre l’album sur un Heavy/Power Metal massif mais toujours très mélodique. Tout au long de l’opus les guitares occupent évidemment une place centrale, avec leurs riffs précis, leurs harmonies et leurs envolées, tandis que la batterie de David Amore donne au tout une assise particulièrement solide.

Musicalement, on pense évidemment à des groupes comme Helloween, Gamma Ray, Iron Maiden et toute une partie de la tradition Heavy/Power européenne. Cependant, KINGCROWN ne donne jamais l’impression de simplement reproduire une recette éprouvée. Le groupe y ajoute une production moderne, des arrangements plus actuels et quelques touches plus sombres ou futuristes. L’album développe également un véritable fil narratif autour d’un futur dystopique marqué par les nouvelles technologies, l’intelligence artificielle, les bouleversements temporels et la fragilité de l’existence humaine.

Au centre de tout cela, Jo Amore reste une pièce maîtresse. Sa voix possède cette puissance et cette chaleur qui donnent immédiatement du relief aux compositions. Loin de chercher la démonstration permanente, le chanteur privilégie l’efficacité et sait surtout rendre les refrains mémorables. Et des refrains, Moonfall n’en manque pas !

Des hymnes et des riffs

« Moonfall », le titre éponyme, ouvre l’album avec une douceur presque trompeuse. Porté par une ambiance épique et cinématographique, le morceau installe immédiatement ce décor de fin du monde où le ciel rougit, où la Terre tremble et où la Lune semble précipiter son inexorable chute. Derrière cette vision apocalyptique se cache pourtant une histoire profondément humaine : celle d’un amour que l’on cherche à préserver alors que tout s’effondre autour de soi. Les mélodies amples et aériennes, alliées à la puissance contenue du groupe, donnent au morceau une dimension presque grand écran. « Moonfall » pose ainsi les bases de l’album : grandiose, mélancolique et résolument tourné vers les étoiles.

Parmi les morceaux qui ressortent immédiatement, résonne « Nothing ». Pas étonnant que le groupe ait choisi ce titre comme second extrait en amont de la sortie de l’album car il possède toutes les qualités d’un single efficace. Tout en abordant la question de la technologie et de la place de l’humain avec une atmosphère plus sombre, le titre attaque avec des riffs accrocheurs et une construction particulièrement directe. Musicalement, c’est surtout un véritable aimant à refrains. Difficile de ne pas se retrouver à le fredonner.

« We are Kingcrown » joue quant à lui une carte beaucoup plus fédératrice. Voilà un titre pensé pour la scène avec son côté martial, les chœurs sur le refrain et cette sensation d’hymne collectif. Sur disque, ça fonctionne déjà très bien et en concert le potentiel paraît évident : un futur classique en live !

Certains morceaux comme « A thousand years » mettent davantage l’accent sur la mélodie et l’émotion alors que d’autres comme « Rise of machines » ont des riffs plus mécaniques, mais toujours avec des refrains accrocheurs !

Mais l’un des vrais temps forts de l’album reste « Lost horizon », leur premier single. Rapide, mélodique et particulièrement accrocheur, le morceau rassemble beaucoup de ce qui fonctionne chez Kingcrown. Il s’inscrit également dans la continuité narrative de Nova Atlantis puisque l’histoire fait directement suite à « Endless journey ». Le voyage temporel d’un pilote de bombardier de la seconde guerre mondiale projeté en 2045 permet ainsi de prolonger l’univers développé par le groupe.

Quant arrive « Oblivion/Resilience » impossible de ne pas faire le rapprochement avec l’ancien nom du groupe et son premier album. Au-delà du clin d’œil, le titre s’intègre parfaitement au propos général de Moonfall : survivre, continuer d’avancer et se reconstruire lorsque tout semble s’effondrer. Musicalement, son refrain particulièrement accrocheur risque bien de rester longtemps en tête.

Et puisque KINGCROWN assume parfaitement ses racines, « Back to the 80’s » débarque avec ses gros riffs, ses mélodies immédiatement accessibles et cette petite dose rétro. Toutefois, pas question ici de jouer au groupe de tribute. L’hommage est évident mais la production et l’interprétation donnent au morceau une vraie fraîcheur. Un titre qui devrait parler aussi bien aux nostalgiques qu’aux plus jeunes amateurs de Heavy.

Enfin, « Beyond the stars » referme l’album sur une note plus contemplative. Malgré un futur dystopique où la technologie semble avoir pris le dessus sur l’Humanité, KINGCROWN garde un espoir qui semble à l’horizon au-delà des étoiles. Le morceau prend son temps, développe son atmosphère et offre une conclusion qui colle parfaitement à l’univers développé durant l’album.

UNE PRODUCTION À LA HAUTEUR

L’autre grande réussite de Moonfall se trouve du côté de la production.
Le groupe a pris en charge la production de l’album tandis que Simone Mularoni, au Domination Studio, s’est occupé du mixage et du mastering. Le résultat est particulièrement convaincant. Le son est puissant sans pour autant sacrifier la lisibilité des différents instruments. Les guitares peuvent ainsi déployer toute leur puissance sans écraser la basse, la batterie conserve un impact conséquent et le chant reste parfaitement mis en avant.
Aussi, cette production dispose d’un équilibre intéressant entre le côté traditionnel du Heavy/Power Metal et les éléments plus modernes qui parcourent l’album.
KINGCROWN ne cherche pas à révolutionner le genre. Le groupe n’en a d’ailleurs pas besoin. Il connaît ses classiques, les assume pleinement et les utilise comme fondation pour construire quelque chose de personnel. Les mélodies sont efficaces, les refrains mémorisables et les compositions suffisamment variées pour éviter la sensation de déjà-entendu qui peut parfois guetter les productions de Power Metal.

Verdict

Avec Moonfall, KINGCROWN capitalise ainsi sur tout ce qui a construit son identité depuis ses débuts et affine encore sa formule.
Le résultat est un album de Heavy/Power Metal mélodique solide, généreux et particulièrement efficace, qui assume ses influences sans se contenter de les reproduire. Les amateurs du genre devraient y trouver largement leur compte, tandis que les habitués de KINGCROWN apprécieront cette continuité dans leur évolution.

Avec ce 4eme album, KINGCROWN a désormais bel et bien une véritable identité, un son reconnaissable et une ambition qui dépasse largement les frontières de l’Hexagone. Les 43 minutes de Moonfall sont un pur nectar dont on s’en délecte jusqu’à s’enivrer car il est sans doute le meilleur album du groupe à ce jour.

Il ne reste finalement plus qu’une chose à vérifier : comment ces nouveaux morceaux vont fonctionner en concert ?
Parce qu’entre les refrains fédérateurs, les chœurs, les riffs et cette énergie très communicative, quelque chose nous dit que Moonfall n’a pas été écrit uniquement pour rester bien sagement enfermé dans nos enceintes. On attend donc désormais de voir ce que cette nouvelle collection de titres donnera face à un public, avec les amplis poussés à fond et les poings levés.

"Moonfall", le 5eme album de KINGCROWN sort le 04 septembre 2026
Date de sortie : 04 septembre 2026
Label : Rockshots Records

Liste des titres :
  1. Moonfall
  2. Nothing
  3. We are Kingcrown
  4. A thousand years
  5. Rise of machines
  6. All united
  7. Lost horizon
  8. Oblivion/Resilience
  9. Back to the 80's
  10. Beyond the stars