VENTRESS – « Reminiscence »
VENTRESS nous entraîne dans les marécages de Reminiscence
Quelques semaines seulement après avoir dévoilé le single « Wailing temple », le groupe azuréen VENTRESS lève le voile sur son premier E.P Reminiscence. Cinq morceaux composent cette première réalisation qui pose immédiatement les bases d’un univers aussi sombre que cohérent, où le Death Metal atmosphérique flirte avec le Black Metal ou le Doom.
Fidèle aux racines du genre, le groupe revendique un Death Metal sans compromis où la brutalité n’est jamais gratuite mais sert un propos. Derrière cette violence sonore se dessine un imaginaire bien précis. Celui d’un monde devenu étranger que l’on abandonne pour rejoindre une nature primitive, où forêts oubliées, marécages et terres humides deviennent le théâtre d’une lente décomposition avant une possible renaissance. Cette vision prend d’ailleurs vie dès le premier regard porté sur le visuel de la pochette de Reminiscence. Ce paysage marécageux, noyé dans des teintes froides et obscures, évoque immédiatement la putréfaction, l’abandon et le silence. Pourtant, au fond de l’image, un passage semble s’ouvrir entre les arbres, comme une invitation à poursuivre sa route. Une représentation qui fait écho aux mots du groupe lorsqu’il évoque le fait de « se confondre dans le cycle de la putréfaction et renaître sous une autre forme ». La mort n’y apparaît pas comme une fin, mais comme une transformation.
L’immersion débute avec « Vivide », une longue introduction instrumentale qui prend le temps d’installer cette atmosphère pesante. Une nappe sonore lente, inquiétante, presque cinématographique, progresse crescendo avant de laisser surgir les premières notes de « Narcosis », véritable point de départ de l’E.P. La suite confirme l’identité du trio. « Wounds of Exile » se révèle être le morceau le plus incisif du disque. Son énergie ne faiblit jamais et se voit régulièrement renforcée par un riff aux accents particulièrement inquiétants qui revient comme une menace tapie dans l’ombre. L’EP poursuit ensuite son évolution avec « Cyanide forest » où l’apparition d’un chant clair surprend agréablement et apporte une nouvelle dimension à l’ensemble. Une approche qui se prolonge dès l’ouverture de « Wailing Temple », dernier morceau de l’opus, venant conclure ce voyage sur une note à la fois mélodique et oppressante.
Au-delà des compositions, Reminiscence bénéficie d’une production soignée qui met parfaitement en valeur les différentes parties du groupe. Les passages les plus lourds conservent toute leur puissance tandis que les moments plus atmosphériques respirent pleinement, renforçant cette sensation permanente d’être englouti dans un environnement hostile et fascinant.
Avec ce premier E.P, VENTRESS pose les bases de son identité : forte et cohérente. Un opus qui ne cherche pas à impressionner par la démonstration technique mais qui préfère installer une ambiance, raconter une transformation et inviter l’auditeur à s’y abandonner. Finalement, à l’image de leur devise, « We dissolve, we are decay », VENTRESS ne cherche pas à résister au temps : il l’embrasse. Et à l’écoute de Reminiscence, on se laisse volontiers gagner par cette décomposition… car il est parfois nécessaire de se consumer un peu pour mieux renaître.

