A LA UNECONCERTS

[Live Report] Hellfest 2026 : jour 4 – 21/06/2026

Il y a toujours un petit goût particulier au réveil du dernier jour du Hellfest. Celui où l’on sait déjà qu’il va falloir commencer à dire au revoir à Clisson… mais où l’on refuse encore d’y penser. Les premiers rayons du soleil traversent les volets de notre Airbnb et, avant même de jeter un œil au thermomètre, on comprend que cette ultime journée s’annonce éprouvante. Les trois premiers jours ont laissé des traces et, pour une fois – fait suffisamment rare pour être souligné – la fatigue l’emporte sur l’envie d’être présent dès l’ouverture des portes. KAREN DIO devra malheureusement attendre une prochaine occasion.

À peine le téléphone rallumé après sa nuit en mode avion, les notifications tombent les unes après les autres. La canicule, annoncée depuis plusieurs jours, s’est bel et bien installée et les autorités prennent les devants. Le préfet de Loire-Atlantique impose plusieurs mesures exceptionnelles afin de limiter les risques : suspension de la vente d’alcools forts, fin des pintes au profit des seuls demi-verres, tandis que le Hellfest multiplie les dispositifs pour protéger les festivaliers. Brumisateurs, points d’eau, messages de prévention et célèbres lances à eau deviennent les meilleurs alliés d’un public qui va devoir composer avec une chaleur écrasante.

Mais il en faut bien plus pour décourager les irréductibles. Malgré un mercure qui tutoie les sommets, les milliers de festivaliers répondent une dernière fois présents. Pour cette ultime journée, l’objectif reste le même : profiter jusqu’à la dernière note, faire au moins un passage par chacune des scènes et emmagasiner encore quelques souvenirs avant que les lumières ne s’éteignent sur cette 19eme édition. Car demain, il sera déjà temps de penser au Hellfest 2027.

SILHOUETTE – Temple – 11h05

La dernière journée démarre du côté de la Temple avec des visages bien connus dans le Sud. Après HEADKEYZ la veille, place à un autre représentant de Montpellier : SILHOUETTE. Le sextet, que l’on avait déjà eu l’occasion de découvrir à l’Antirouille en ouverture de HOULE puis sous les étoiles du Rhodanian Fest, revient cette fois dans un tout autre décor. Malgré la chaleur écrasante qui règne déjà sur Clisson, la tente est loin d’être vide et le public répond présent pour cette ouverture dominicale.

Les précédents concerts du groupe baignaient dans une pénombre presque mystique. À l’Antirouille comme sous le ciel nocturne du Rhodanian Fest, les jeux de lumière faisaient honneur à leur nom. Les musiciens n’étaient plus que des silhouettes mouvantes, presque irréelles. Cette fois, la lumière du matin s’engouffre dans la Temple et dévoile pleinement leurs visages. Un joli symbole pour un groupe qui, en ce jour de Fête de la Musique et de solstice d’été, semble sortir de l’ombre pour récolter une reconnaissance méritée.

Après une courte introduction, « Litanie contre la peur » plonge immédiatement l’assistance dans l’univers du groupe. En cinq minutes, SILHOUETTE expose toute sa palette : un mélange de Black Metal et de Post-Metal mélodique capable de passer de passages massifs à des respirations aériennes, porté par le contraste entre les voix d’Ondine, lumineuse et cristalline, et les screams de Yharnam. Une dualité qui fait toute la richesse de leur musique.

En seulement une demi-heure, les Montpelliérains choisissent logiquement de mettre en avant leur dernier album, Les Dires de l’Âme. « Dialecte onirique », « Catalepsie », « Les Dires de l’Âme » puis « Dysthymie » s’enchaînent et offrent, à ceux qui ne les connaissaient pas encore, un condensé convaincant de leur identité. Il faut malheureusement quitter la Temple dès les premières notes du dernier morceau pour rejoindre les Mainstages, non sans un léger regret.

Signé depuis le printemps chez Les Acteurs de l’Ombre Productions, SILHOUETTE poursuit une ascension qui semble parfaitement lancée. Avec un nouvel album déjà annoncé pour 2027, les Montpelliérains confirment qu’ils font partie des formations françaises qu’il faudra continuer de suivre de très près.

REVNOIR – Mainstage 2 – 11h40

On quitte la fraîcheur relative de la Temple pour retrouver les Mainstages. Difficile de ne pas sourire en croisant une armée de festivaliers coiffés de grands bonnets rouges pointus. Ce qui nous rappelle que les belges de GNOME ne vont pas trader du côté de la Valley. Mais pour nous, ce sera direction le Metalcore moderne de REVNOIR.

Sous un soleil qui cogne déjà fort, REVNOIR attire une belle affluence. Il faut dire que le nom circule de plus en plus sur la scène Metal française. Si, de notre côté, on connaissait davantage leur réputation que leur répertoire, c’était l’occasion idéale de combler cette lacune.
Le groupe enchaîne avec des morceaux comme « The pact », « 20mg » ou encore « Alchemised ». En une demi-heure à peine, nos petits Français démontrent pourquoi ils sont considérés comme l’une des formations les plus prometteuses de la nouvelle génération. Leur Metalcore, enrichi de touches électroniques et de passages mélodiques, alterne refrains accrocheurs et breakdowns percutants sans jamais perdre en intensité.

Sur scène, l’assurance est déjà celle d’un groupe bien plus expérimenté. Les musiciens occupent l’espace avec naturel tandis que Maxime maîtrise totalement son chant, capable de passer des parties les plus mélodiques aux hurlements. Face à eux, le public répond immédiatement présent. Un imposant circle pit se forme dès les premiers morceaux, un wall of death sépare le public sur « BangBang » et plusieurs refrains sont repris en chœur.

Court mais efficace, ce passage confirme que REVNOIR n’est plus seulement un groupe à surveiller. À ce rythme-là, les Mainstages matinales ne seront bientôt plus une découverte mais plutôt une habitude.

RESOLVE – Mainstage 2 – 12h50

Pour conclure cette matinée, et par la même occasion notre couverture des groupes français de cette 19eme édition du Hellfest, retour sur la Mainstage avec les lyonnais de RESOLVE. Si le Metalcore n’est pas forcément notre style vers lequel on se tourne naturellement, on connaît déjà quelques-uns des morceaux incontournables du quatuor. L’occasion était donc ici de découvrir ce que la formation lyonnaise avait dans le ventre en live.

En guise d’introduction, les enceintes diffusent « Non, je ne regrette rien » d’Édith Piaf. Un choix qui fait mouche. Quelques minutes plus tard, ces paroles prennent une résonance toute particulière lorsque le chanteur Anthony Diliberto remercie le public et confie que RESOLVE est désormais devenu leur véritable métier, celui qui paie les factures, malgré tous ceux qui leur avaient assuré qu’ils n’y arriveraient jamais. Impossible alors de ne pas faire le lien avec le célèbre refrain de Piaf. À force de travail, de persévérance et de concerts, le groupe a gagné sa place sur cette Mainstage, et les applaudissements nourris du public valent sans doute toutes les réponses.

Musicalement, RESOLVE déroule un set solide. Anthony Diliberto impressionne par sa polyvalence vocale tout en maintenant un contact permanent avec le public, qui répond volontiers aux appels du frontman. Les flammes jaillissent, les circle pits se forment et, au risque de se répéter, malgré la chaleur accablante l’énergie ne retombe jamais.

Autre belle initiative à souligner : Aurélie Nahon, d’Aix-en-Provence, et Perrine Diot, de Fontainebleau, se relaient tout au long du concert pour interpréter l’intégralité du show en langue des signes. Une prestation engagée qui participe pleinement au spectacle et rappelle que le Metal sait aussi se montrer inclusif.

Avec RESOLVE, cette dernière matinée se termine sur une note résolument positive. La scène française continue de démontrer qu’elle n’a rien à envier à ses homologues internationales et le public du Hellfest ne s’y est pas trompé.

SCOUR – Temple – 15h10

On connaît depuis longtemps les liens qui unissent le frontman de PANTERA à Ben Barbaud. Cette édition 2026 offre même à Phil Anselmo un doublé. Une première apparition sous la Temple avec  SCOUR, avant de clôturer le festival plus tard avec DOWN sur la Valley.

Pour être honnête, on connaissait davantage SCOUR pour la présence du chanteur natif de la Nouvelle-Orléans que pour sa discographie. Voir Phil Anselmo s’aventurer sur le terrain du Black Metal était donc une curiosité qu’il aurait été dommage de manquer.
Les musiciens prennent place, tous vêtus de noir, dans une sobriété qui tranche avec ce qui va suivre. Installé derrière un pupitre où sont disposées sur des feuilles les paroles des morceaux, Phil Anselmo évoque presque un prédicateur… mais d’une église bien plus obscure. À la fin de chaque titre, il froisse méthodiquement les feuilles avant de les lancer au public, comme un rituel qui accompagne la violence du set.

Musicalement, aucune place n’est laissée au répit. Blast beats incessants, riffs acérés et déferlantes de Black Metal s’enchaînent. La section rythmique pilonne sans relâche tandis que Phil Anselmo semble prendre un plaisir évident à explorer ce registre extrême, où sa voix sonne plus Death blackened que Black Metal pur. C’était propre, ça jouait bien mais sans révolutionner le genre non plus.

GEHENNA – Temple – 16h50

On reste sous la Temple pour assister à un monument venu du Nord : GEHENNA. Si le nom est bien connu des amateurs de Black Metal norvégien dont on fait partie, le groupe reste une rareté sur scène. Plus de trente ans de carrière, des apparitions live qui se comptent presque sur les doigts d’une main ces dernières années et une réputation bâtie dès la seconde vague du Black Metal scandinave. Autant dire que l’occasion méritait le détour.

Dès leur arrivée, les Norvégiens imposent leur esthétique. Corpse paints impeccables malgré les températures tropicales, attitude impassible et ambiance glaciale. Un contraste saisissant avec les près de 40 degrés qui règnent à l’extérieur de la tente. On se demande presque comment ils supportent cette chaleur sous leurs tenues.

Musicalement, GEHENNA reste fidèle à son identité. Le groupe déroule un Black Metal aux tempos plutôt lents et on reconnait « Through the veils of darkness ». Pour autant, les conditions ne semblent pas idéales. Une partie du public profite surtout de l’ombre offerte par la Temple pour récupérer un peu des excès de chaleur, tandis que d’autres, plus connaisseurs, savourent cette prestation devenue rare. Ce Black Metal introspectif et mélancolique aurait sans doute gagné à être découvert dans l’obscurité en fin de soirée plutôt qu’en plein après-midi.
Une prestation fidèle à l’ADN de GEHENNA mais dont l’atmosphère si particulière aura probablement davantage parlé aux passionnés du genre qu’aux simples curieux venus chercher un peu de fraîcheur.

SIX FEET UNDER – Altar – 17h45

Direction l’Altar pour notre unique passage de la journée sur cette scène. Et pas pour n’importe qui : SIX FEET UNDER.  Quand on vit en province, certaines formations restent longtemps des noms aperçus sur les pochettes d’albums ou dans les pages des magazines spécialisés. Les festivals comme le Hellfest permettent justement de combler ces manques. Jusqu’ici, SIX FEET UNDER faisait partie de ces groupes qui manquaient encore à notre tableau de chasse.

Il faut dire que son fondateur, Chris Barnes, reste une figure incontournable du Death Metal. Premier chanteur de CANNIBAL CORPSE, il a marqué toute une génération avant de créer SIX FEET UNDER au milieu des années 90. Si, de notre côté, on a davantage grandi avec son successeur chez CANNIBAL CORPSE, voir Chris Barnes sur scène donnait une saveur particulière.

Côté setlist, on constate qu’elle très axée sur les 3 premiers albums, et heureusement car au début des années 2000 on avait un peu lâché le groupe. Aussi, on prend plaisir à écouter en live « War is coming », « Silent violence », « Revenge of the zombie » ou encore « Feasting on the blood of the insane ». Du bon vieux Death Metal old school.
Sur scène, Chris Barnes derrière son micro reste plutôt statique. Sa voix est reconnaissable, même si le temps a naturellement laissé son empreinte. Heureusement, les riffs massifs et le jeu solide de ses musiciens maintiennent l’ensemble sur de bons rails.

Dans la fosse, l’ambiance reste d’ailleurs à l’image du concert : moins explosive que sur d’autres scènes, mais remplie de nostalgiques venus retrouver un groupe qui a marqué les grandes heures du Death Metal des années 90. Pas de déferlante de slams ni de chaos généralisé mais le plaisir simple de voir un groupe qui continue, trente ans plus tard, à défendre son héritage.

CORROSION OF CONFORMITY – Valley – 18h40

Direction la Valley pour notre unique passage de cette dernière journée. Et là aussi, on coche enfin une case de plus sur la liste des groupes qu’on avait pas encore eu l’occasion de les voir. Avec la canicule qui continue d’écraser Clisson, leur Sludge/Stoner venu de Caroline du Nord semble finalement être la bande-son idéale de cette fin d’après-midi.

Pepper Keenan arrive sur scène, sa Gibson SG rouge en bandoulière, et donne immédiatement le ton en lançant : « Fuck the rules, fuck the system… and fuck you ! » .

Pendant une heure, CORROSION OF CONFORMITY déroule un set alternant les titres de son récent Good God / Baad Man avec les incontournables de Deliverance. Les riffs sont massifs, le groove omniprésent et malgré les degrés encore élevés qui continuent de peser sur les organismes, les têtes se balancent naturellement. Pepper échange peu avec le public, si ce n’est pour s’assurer que tout le monde tient le coup sous cette chaleur et pour remercier les festivaliers d’être ici présents.

On retrouve avec plaisir des classiques comme « Vote with a bullet », « Who’s got the fire », « Albatross » ou encore « Clean my wounds ». Sans artifices, CORROSION OF CONFORMITY livre exactement ce qu’on était venu chercher : un gros son, un groove imparable et une prestation aussi efficace qu’authentique. Une belle première rencontre avec une autre légende de notre adolescence.

AGNOSTIC FRONT – Warzone – 19h45

Nouvelle migration vers la scène voisine, la Warzone, pour ici aussi notre unique passage de la journée. Un détour qui s’imposait naturellement tant les maîtres du Hardcore Newyorkais, les incontournables AGNOSTIC FRONT, étaient attendus. La dernière fois qu’on les avait vus, c’était sur la scène extérieure de la Secret Place près de Montpellier. Un concert dantesque, coincés contre l’enceinte de gauche (Ndlr : Merci les bouchons d’oreille Alpine d’ailleurs !), avec une pluie de stage-divers qui ne cessaient de grimper sur scène avant de replonger dans la mêlée. Autant dire qu’il était impensable de manquer leur retour sur une Warzone qui semble avoir été construite spécialement pour eux.

L’intro du film « Le Bon, la Brute et le Truand » retentit puis « AF Stomp » lance immédiatement les hostilités avant que Roger Miret ne déboule sur « Way of war », demandant sans attendre un circle pit. La réponse est instantanée. Malgré quatre jours de festival et une chaleur toujours écrasante, le public de la Warzone repart au combat comme si nous étions le premier soir. AGNOSTIC FRONT évolue ici en terrain conquis.

Le groupe envoie près d’une vingtaine de morceaux, ce qui n’a finalement rien d’étonnant pour un groupe de Hardcore. Les titres s’enchaînent sans quasiment aucune pause. La Warzone ne désemplit pas : circle pits et crowdsurfers se succèdent tandis que Roger Miret alterne les appels à l’unité et que les refrains sont repris en chœur. L’émotion atteint son sommet sur « For my Family », véritable hymne fédérateur repris par toute la fosse.

Et puis il y a Vinnie Stigma. À 70 ans, le guitariste reste un showman absolument inépuisable. Grimaces, poses improbables, grands sourires, guitare levée au ciel… Il arpente la scène avec une énergie qui force le respect, au point que Roger Miret demande au public de scander son nom. La Warzone lui offre une ovation largement méritée.

Au bout d’une heure, le final prend des allures d’hommage à leurs racines. Roger rappelle combien le Punk new-yorkais a façonné le Hardcore avant de lancer « Blitzkrieg Bop » des RAMONES. En quelques secondes, toute la Warzone reprend le mythique « Hey Ho! Let’s Go! ». Une conclusion parfaite pour un concert intense, généreux et porté par une légende qui, plus de quarante ans après ses débuts, continue de transmettre la même rage avec sincérité.

THE HIVES – Mainstage 1 – 20h50

Il est presque 21 heures. Cette fois, on attaque la dernière ligne droite de cette édition « Tales from the Pit » et elle se fera intégralement devant les Mainstages. Sur ce créneau, beaucoup n’avaient d’yeux que pour ACID BATH. De notre côté, le choix était déjà fait d’avance : THE HIVES ! Ce sera moins Metal, mais quel groupe ! Et surtout, les Suédois foulent les planches du Hellfest pour la première fois.

Comme à leur habitude, les cinq musiciens débarquent impeccablement vêtus de leurs costumes noirs. Un choix vestimentaire qui paraît presque irréel alors que la chaleur est encore bien présente malgré le soleil couchant. Rien qu’à les regarder, on transpire pour eux.

Dès « Enough is enough », l’ambiance est lancée. Pelle Almqvist surgit tel un ressort, malmène son pied de micro, court dans tous les sens et enchaîne immédiatement avec « Main offender » dans un débordement d’énergie communicative. Trente ans de carrière et le frontman reste l’un des meilleurs maîtres de cérémonie du Rock. Son français, toujours aussi approximatif mais terriblement attachant, fait mouche à chaque intervention : « Des bisous mes amis ! »« Madame, monsieur… merci à tous ! » ou encore un enthousiaste « Applaudissements s’il vous plaît ! » auquel toute la Mainstage obéit sans discuter.

Le concert monte encore d’un cran avec « Bogus operandi », qui déclenche un premier wall of death, avant que Pelle ne prenne tout son temps pour annoncer « Hate to say I told you so » : « Et maintenant… une chanson fantastique, une chanson fabuleuse, un grand hit… un hit massif ! ». Quelques secondes plus tard, le classique des Suédois transforme les Mainstages en immense piste de danse. Le chanteur s’amuse même à faire fredonner la ligne de basse au public avant de relancer le morceau dans une explosion collective.

Et lorsque résonne « Tick Tick Boom », le niveau d’énergie atteint son maximum. En faisant prolonger le morceau, et après avoir présenté chacun des musiciens, Pelle Almqvist descend dans le pit, s’éloigne volontairement des barrières, puis revient en courant au moment du refrain sous les cris des festivaliers. Une scène aussi spectaculaire qu’efficace qui résume parfaitement l’esprit de THE HIVES.

Premier passage au Hellfest, trente ans de carrière et une démonstration de Rock’n’Roll menée tambour battant : les Suédois prouvent qu’ils restent une véritable machine de scène.

BAD OMENS – Mainstage 2 – 21h55

Le créneau suivant nous ramène une nouvelle fois devant un groupe de Metalcore. Enfin, de Metalcore au sens large, tant BAD OMENS a fait évoluer sa musique au fil des années, d’après ce qu’on en a entendu. Les Américains étaient attendus depuis longtemps à Clisson puisqu’ils avaient dû annuler leur venue en 2024 à la dernière minute. Une absence qui avait finalement offert une formidable exposition à nos Marseillais de LANDMVRKS, propulsés en Mainstage et devenus l’une des sensations de cette édition-là.

Cette fois, c’est la bonne pour BAD OMENS. Personnellement, on l’avoue sans difficulté, on connaît surtout leur morceau « The Death of peace of mind », présent depuis longtemps dans notre playlist Spotify, mais sinon on est en terre inconnue. À nos côtés, quelques amis, eux, sont de véritables aficionados du groupe. L’occasion parfaite de découvrir enfin ce phénomène dont tout le monde parle.

Dès les premiers morceaux, on comprend pourquoi. Le show est tout simplement somptueux. Les jeux de lumières, les projections et les lasers composent une scénographie de toute beauté, dominée par des teintes rouge sang. Visuellement, c’est sans doute ce que nous aurons vu de plus abouti durant cette édition du Hellfest.
Par ailleurs, on découvre que Noah Sebastian n’est pas un frontman démonstratif. Il parle peu, occupe l’espace avec sobriété, mais sa présence passe avant tout par sa voix. Sa palette vocale est large, ce qui lui permet de naviguer avec aisance dans les émotions. Le son, parfaitement équilibré jusque dans le fond de la foule où nous nous trouvons, permet de profiter pleinement de cette prestation. 

Au final, c’est sans doute la plus belle surprise de notre Hellfest 2026. On était venu avec une seule chanson en tête et on repart avec la furieuse envie de nous plonger dans toute la discographie de BAD OMENS. Comme quoi, il suffit parfois d’un concert pour faire tomber quelques préjugés et provoquer une véritable découverte.

THE OFFSPRING – Mainstage 1 – 23h15

Pour conclure cette édition, difficile de résister à l’appel de la Temple. En effet, MAYEHM, qu’on a plus revu depuis l’enregistrement de leur DVD live « European Legions », s’apprête à replonger Clisson dans les ténèbres. Mais ce soir, le cœur nous souffle autre chose. Pour un dernier concert, on choisit la fête, les copains et cette bande-son qui a accompagné toute une génération. On reste donc en Mainstage pour finir avec THE OFFSPRING.

Les Californiens ne cherchent pas à surprendre et livrent une setlist best-of où les tubes s’enchaînent : « Come out and play », « All I want », « Why don’t You get a job? », « Pretty fly (For a white guy) », « The kids aren’t alright »… Morceau après morceau, la Mainstage se transforme en immense karaoké géant. Difficile de ne pas retrouver, le temps d’une heure, son âme d’adolescent.

Entre les chansons, Dexter Holland et Noodles reprennent leur numéro bien rodé. Les échanges sont parfois un peu longs, les blagues sentent le sketch répété cent fois mais cela fait partie du folklore du groupe. L’ambiance reste incroyablement bon enfant et le public répond présent à chacune de leurs sollicitations. Puis arrive ce moment totalement improbable. Après un clin d’œil à Ozzy avec « Crazy train », le groupe annonce vouloir déclencher le plus grand mosh pit de la soirée sur un morceau de… Taylor Swift ! Oui, vous avez bien lu. Quelques secondes plus tard résonne « Love Story ».  L’instant semble irréel voire absurde mais la fosse joue le jeu avec un immense sourire.

Le concert file à une vitesse folle tellement les tubes s’enchaînent avec efficacité. Et puis vient le morceau qu’on attend tous : « Self esteem » ! À cet instant, les années disparaissent. On a de nouveau quinze ans. On hurle chaque parole à s’en casser la voix, entourés de milliers de festivaliers qui vivent exactement le même moment. Le lendemain, le verdict sera sans appel : une belle extinction de voix, mais aucun regret. Difficile d’imaginer une conclusion plus festive pour refermer cette édition 2026 du Hellfest.

Une page se tourne et le chapitre de cette 19eme édition du Hellfest se termine. Cette année, pas de traditionnel feu d’artifice en clôture pour illuminer le ciel de Clisson. Les restrictions préfectorales liées au risque extrême d’incendie auront eu raison de ce dernier rituel. Une absence finalement anecdotique au regard de l’essentiel : pendant 4 jours, la musique a, une fois de plus, largement suffi à faire des étincelles.

En revanche, cette nouvelle édition confirme un sujet qui ne pourra sans doute plus être ignoré. Après plusieurs Hellfest marqués par des températures toujours plus élevées, la canicule n’a plus rien d’un simple aléa météorologique. Elle devient un véritable enjeu d’organisation. Les nombreuses distributions d’eau, les brumisateurs, les lances à eau ou encore les adaptations imposées par la préfecture ont permis au festival de se dérouler dans de bonnes conditions. La question des zones d’ombre risque désormais de s’imposer dans les réflexions futures. Lorsque le mercure tutoie les 40 °C plusieurs jours d’affilée, chaque mètre carré d’ombre devient un bien précieux.

Sur le plan artistique, cette édition aura en revanche rassuré beaucoup de monde. Après plusieurs années où certains reprochaient au Hellfest de s’éloigner de son ADN, la programmation 2026 a offert un retour plus marqué vers les racines du festival. Black Metal, Death, Hardcore, Punk, Sludge, Doom… sans renier son ouverture, le Hellfest a remis les musiques extrêmes au cœur de son identité. Un équilibre qui a visiblement séduit une grande partie des festivaliers.

Et puis, quelle bande-annonce nous a dévoilée l’équipe de Ben Barbaud pour 2027 : une Absolute Edition pour célébrer les 20 ans du Hellfest. Dix scènes au total avec l’arrivée de la Riot, de l’Abyss, de la Forge et de la Crypt, qui viendront dédoubler les quatre scènes thématiques actuelles (hors Mainstages). Par ailleurs, près de 300 groupes sont annoncés contre environ 180 habituellement. Une annonce totalement folle qui laisse déjà imaginer un Hellfest hors normes.

Encore un immense merci à toute l’équipe du Hellfest, à ses bénévoles, à la team presse, aux artistes et à toutes celles et ceux qui, dans l’ombre comme dans la lumière, rendent cette parenthèse possible chaque année.
Rendez-vous en juin 2027 ! Plus que jamais, l’Enfer n’a pas fini de nous surprendre.

Envie de prolonger le voyage en enfer ?

Chaque journée a eu son lot de moments forts. Aussi, ne manquez pas les autres chroniques complètes, jour par jour, pour revivre chaque instant comme si vous y étiez :
Lieu : HELLFEST
Ville : Clisson (44)

Date : 21/06/2026