Klone + Septaria – 30/01/2026 – La Moba – Bagnols-sur-Cèze
Deux dates, deux villes, un même plaisir. Les 30 et 31 janvier 2026, SEPTARIA et KLONE ont partagé l’affiche pour une double date très attendue, d’abord à La Moba de Bagnols-sur-Cèze, puis au Portail Coucou à Salon-de-Provence.
D’un côté, SEPTARIA, jeune formation du Vaucluse que l’on suit pas à pas depuis ses débuts, portée par une ascension fulgurante. De l’autre, KLONE, un pilier du Metal progressif français, actif depuis 1995 avec huit albums au compteur.
Ce premier rendez-vous à Bagnols-sur-Cèze avait un parfum tout particulier : celui du premier concert de l’année, plein d’excitation.
Septaria : la confirmation d’une ascension irrésistible
Il y a des coïncidences qui vont finir par devenir des traditions. En janvier 2025, mon tout premier concert de l’année mettait déjà SEPTARIA à l’affiche. Un an plus tard, rebelote ! Janvier 2026 démarre exactement de la même manière, avec les quatre Vauclusiens sur scène. Et en regardant dans le rétroviseur de 2025, le constat est limpide. Quatre concerts de SEPTARIA pour ma part en un an. Preuve que le groupe n’a jamais vraiment quitté la route… ni les radars.
Depuis la sortie de leur album Astar fin 2024, SEPTARIA a clairement changé de dimension. En 2025, les dates s’enchaînent et les réussites aussi : une prestation remarquée au Hellfest sur la HellStage (Ndlr : voir notre article « Hellfest 2025 : Live report – jour 2 (vendredi)« ), une victoire au Metal Kombat, une place de choix au Mennecy Fest aux côtés de groupes comme Agressor, Carpenter Brut ou encore Mass Hysteria. Et comme si cela ne suffisait pas, 2026 s’annonce déjà tout aussi prometteuse avec une finale au Wacken Metal Battle France le 13 mai et une programmation au V an B Fest. Oui, le succès est bien au rendez-vous.
Ce soir-là, SEPTARIA retrouve la scène de La Moba, qu’ils avaient déjà investie au printemps précédent avec AZELMA et GRAVITY. Mais quelque chose a évolué. L’expérience accumulée sur les routes se ressent immédiatement, notamment dans le travail des jeux de lumières plus abouti, donnant une ampleur supplémentaire au show. Musicalement, rien à redire. Le groupe joue avec une assurance impressionnante.
Sur scène, les quatre garçons se montrent une nouvelle fois implacables. Le set est maîtrisé, intense, sans temps mort. Même lorsqu’Hugo casse une corde de guitare en plein milieu du concert, les trois autres poursuivent sans broncher, preuve d’une cohésion et d’un sang-froid qui forcent le respect.
La setlist reste proche de celle entendue l’été dernier au Rhodanian Fest et fonctionne toujours aussi bien. L’ouverture avec « Moment présent » et son intro en douceur installe l’atmosphère avant que « Nocturne », massif, ne vienne frapper fort pour chauffer un public déjà bien averti. SEPTARIA commence clairement à avoir son noyau dur de fidèles. Certains visages sont familiers et en discutant dans la salle plusieurs personnes me confirment être revenues après avoir découvert le groupe lors d’un concert précédent… et avoir acheté l’album entre-temps.
La température monte encore d’un cran sur « Sagittarius« , lorsque Hugo invite la salle à se scinder en deux pour un wall of death aussi intense que fédérateur. La suite s’enchaîne naturellement sans relâche avec les morceaux phares du groupe comme « Astar« , « Centaure » et pour finir avec le dorénavant habituel bouquet final composé de « Psyché » qui se fusionne avec « Sky’s words ». Moment suspendu où Baptiste abandonne sa basse pour faire résonner son saxophone, emmenant le morceau et le public jusqu’aux astres.
Sous une ovation largement méritée, j’en profite pour monter sur scène afin d’immortaliser cet instant par une « photo finish » avec le public, symbole d’un groupe en pleine communion avec son audience. Les habitués repartent ravis, les curieux conquis et beaucoup filent directement au stand de merch pour prolonger l’expérience une fois rentrés chez eux, album Astar sous le bras. SEPTARIA n’est plus une promesse. C’est une confirmation et ce concert en est une nouvelle preuve éclatante.
Klone, ou l’art de l’immersion totale
Place ensuite à KLONE, tête d’affiche de la soirée, qui est clairement l’un de ces groupes qui n’ont plus rien à prouver. Depuis 1995, la formation mène son chemin dans le paysage du Metal progressif, affinant son identité sonore.
Avec The Unseen, leur huitième et dernier album studio paru en 2024, KLONE pousse encore plus loin cette quête d’équilibre entre sophistication et intensité.
Dès les premières notes du morceau « The Unseen », qui ouvre le concert, la salle bascule dans une autre dimension. L’atmosphère devient immédiatement immersive. KLONE ne joue pas simplement des morceaux. Le groupe installe un climat, capte l’attention et ne la lâchera plus jusqu’à la dernière note. Les titres alternent entre moments suspendus et passages plus denses, plus puissants.
La setlist ne se concentre pas sur un album en particulier mais puise intelligemment dans la discographie récente du groupe. Si The Unseen est bien représenté avec le morceau-titre, « Magnetic « et « After the Sun », ce sont surtout les quatre derniers albums qui dialoguent entre eux tout au long du concert en enchaînant des titres issus des opus précédents comme « Blink of an eye », « Immersion » ou encore « Sad and slow ». Le rappel arrive comme une évidence avec « Yonder », acclamé par un public déjà conquis, et qui vient clore la soirée.
On notera que la voix de Yann Ligner était tout simplement magnifique, presque déconcertante. Elle guide l’ensemble sans jamais forcer. Autour de lui, Guillaume et Aldrick aux guitares, Morgan à la batterie et Enzo à la basse livrent une performance débordante d’énergie au service de l’émotion. Les cinq musiciens jouent à fond, vivent chaque morceau, et cela se ressent jusque dans les moindres vibrations de la salle.
En observant les visages dans le public, on a la sensation d’avoir été pris dans une vague en pleine tempête. Une vague qui secoue, qui remue mais qui fait du bien. À la fin du concert, ce sont des regards lumineux, apaisés et reconnaissants qui acclament les membres de KLONE. En artistes accomplis, les musiciens s’alignent alors face au public pour le saluer, offrant une révérence simple et sincère.
Ce vendredi soir à La Moba, l’échange aura été total, presque intime. Une parfaite soirée où la musique a, une fois encore, prouvé qu’elle pouvait transformer l’instant en souvenir durable.
