CONCERTS

Hellfest le Off 2025 : live report – jour 2

Deuxième et dernière journée pour le Hellfest Le Off 2025, qui s’est tenu les 17 et 18 juin à Clisson, en prélude à l’ouverture du Hellfest Open Air. Toujours organisé par Leclerc Clisson et parrainé par l’humoriste Harold Barbé, cet événement gratuit a mis à l’honneur pas moins de 35 groupes, nationaux et internationaux, sur deux scènes et sous un soleil de plomb.
Après une première journée intense, ce mercredi 18 juin monte encore d’un cran en termes de décibels, de sueur et d’ambiance. Entre Punk, Metal, Hardcore, Fusion, Electro-rock et expérimentations délirantes, cette ultime salve musicale confirme que Le Off est bien plus qu’un échauffement : c’est une véritable fête pour les fans de Metal. Voici le compte-rendu complet, groupe par groupe, de cette dernière journée.

KILL AN IDOL

Dix heures tapantes, Clisson vibre déjà. C’est Kill an idol qui donne le ton. Le quatuor nantais envoie une déflagration Punk dès les premiers accords. Leur formule ? Une alchimie, comme on les définit, entre Punk nerveux, brutalité Hardcore et une touche de romantisme sombre façon « rock’n’love ». Avec une énergie brute et des riffs aiguisés, le groupe attire les premiers spectateurs. Steven, le chanteur, a la voix râpeuse et l’attitude rebelle, tient la scène comme un vétéran. Les morceaux sont courts mais intenses, comme « Get high », « Breaking down » ou « We are not real » qui envoient du lourd. 
Une entrée en matière percutante pour ce début de matinée.

KARVANE

À 10h30, la scène du Off accueille Karvane, un jeune groupe venu tout droit de Savoie, peu connu du grand public mais pas pour longtemps. Dès ses premiers mots, le chanteur ne cache pas son trac : « C’est notre tout premier live… J’ai peur ! ». Mais cette sincérité touche le public qui, sans hésiter, l’encourage d’un tonnerre d’applaudissements. Une belle claque de bienveillance comme on en voit souvent à Clisson.
Karvane mêle avec fraîcheur un flow rapé à une instrumentation Metal qui cogne, dans une formule aussi surprenante qu’efficace. Et ce qui rend leur aventure encore plus touchante, c’est que la formation est une affaire de famille : le chanteur est accompagné de son père à la basse/guitare et de son oncle à la batterie. 
Le set se construit avec une montée en puissance progressive, les morceaux gagnent en intensité et les doutes du départ s’effacent rapidement. En guise de final, le groupe réserve une petite surprise : Maxime, membre du groupe VIKIE, est invité à les rejoindre sur scène pour le dernier morceau « Dans la gueule ».
Une première date marquante pour Karvane… et peut-être le début d’un beau parcours.

HOLY FALLOUT

Troisième groupe à fouler la scène de cette deuxième journée du Off, Holy Fallout vient de Franche-Comté avec un style musical à la croisée des chemins : un Rock/Metal alternatif teinté d’influences progressives et de passages acoustiques maîtrisés. Ce mercredi matin, Holy Fallout livre un set de cinq morceaux, parmi lesquels deux de leurs singles récents : « Crippled » et « Overthrow », tous deux sortis dans l’année. Leurs titres, portés par une tension émotionnelle palpable, montrent une belle maturité de composition. La voix de Paul, tour à tour posée et déchirée, flotte au-dessus de guitares tantôt aériennes, tantôt tranchantes, appuyées par une section rythmique à la fois fluide et précise. Le public, encore en phase d’échauffement, se laisse rapidement happer. Entre montées en tension et ruptures mélodiques, Holy Fallout crée un véritable voyage, plus intérieur qu’explosif mais tout aussi marquant. Une parenthèse contemplative bienvenue dans cette journée où le Metal sous toutes ses formes est roi.

LES BUGZES

Avec Les Bugzes, on remonte le temps, direction 1983, année de formation de ce groupe venu de Montaigu, en Vendée, à quelques kilomètres de Clisson. Véritable vétéran de la scène locale, le groupe s’était séparé en 1993, avant de renaître de ses cendres en 2018. Et en ce 18 juin 2025, ils sont bel et bien là, plus vivants que jamais, prêts à mettre le feu à la scène du Off.
Dès leur arrivée sur scène, c’est un déluge de décibels et d’attitude. Leur son est brut, direct, sans effets superflus. Le chanteur balance ses lignes avec un mélange de colère contenue et de provocation joyeuse. Derrière lui, la section rythmique martèle sans relâche, pendant que la guitare vient border les morceaux de riffs accrocheurs et crades comme il faut. Leur set, authentique et sans chichi, mélange habilement compositions originales et reprises, comme « Rebel Yell » de Billy Idol ou encore « Nice boys » des Guns’N’Roses. Ce n’est pas de la nostalgie, c’est une vraie leçon d’énergie Punk qui traverse les âges sans prendre une ride. Si Les Bugzes ne cherchent pas à révolutionner le genre, ils le vivent à fond avec honnêteté et passion. Plus de 40 ans après leurs débuts, Les Bugzes montrent qu’on peut avoir du vécu sans perdre une once de hargne. Une belle claque Punk et une tranche d’authenticité.

MURDER AT THE PONY CLUB

Il est midi et la foule commence sérieusement à grossir autour de la scène du Off. Les festivaliers affluent petit à petit, attirés par la rumeur d’une ambiance déjà bien installée en ville. C’est à ce moment-là qu’Harold Barbé, le parrain de cette édition, monte sur scène pour présenter le prochain groupe. Avec son humour habituel, il lance : «Faudra aller leur acheter du merch, sinon ils ne pourront pas rentrer chez eux !».
Originaire de Montpellier, Murder at the pony club ne tarde pas à justifier cette entrée en matière. Dès les premières secondes, le groupe balance un Rock musclé et moderne, quelque part entre Queens of the stone age, Foo Fighters et The Hives. Le chanteur, ultra charismatique, prend la scène d’assaut, multiplie les interactions avec la fosse. Sur la setlist, 5 des 7 titres sont issus de leur album A human story sorti il y  a un an comme « Pride », « Human » ou encore « Gravity ». C’est brut, vivant et ça pulse. Murder at the pony Club prouve qu’il sait retourner une scène même en plein jour.

BÏUR

C’est à Lille qu’est né BÏUR et c’est à Clisson qu’ils livrent ce 18 juin l’un des sets les plus singuliers et marquants de la journée. Dès leur arrivée sur scène, le ton est donné : un clown guitare en main, grimé et déchaîné, ouvre le bal dans un univers aussi burlesque que furieusement Metal. Le groupe, composé de cinq musiciens survoltés, délivre un show théâtral, étrange mais jamais gratuit. Ici, l’absurde se met au service de l’émotion et ça fonctionne.
Leur concert est composé de sept titres, répartis de manière équilibrée entre leurs deux albums. De véritables tranches de vie, à la fois intimes et percutantes, portées par des paroles entièrement en français. Cette proximité linguistique amplifie l’impact des textes, souvent sombres, parfois critiques, mais toujours sincères. Le groupe défend fièrement son dernier opus, avec des morceaux puissants comme « Jeux d’enfants », « Psaume 41 » et « Plus vite plus fort », autant de titres qui suscitent autant la réflexion que l’explosion d’énergie.
Musicalement, c’est un mélange d’alternatif, de Metal et de mise en scènes. Le charisme d’Antoine au chant fait le reste : à la fois provocant, touchant et habité, il électrise littéralement la foule. C’est d’ailleurs pendant leur set que le tout premier pogo de la journée éclate. Preuve que le public, de plus en plus dense, est non seulement réceptif, mais totalement embarqué par cette proposition hors normes. Une performance mémorable, à mi-chemin entre concert et performance artistique.

BASAALT

Direction la Bretagne, et plus précisément Vannes, avec Basaalt, formation bretonne de Groove Metal Alternatif.
Sur scène, les quatre musiciens imposent immédiatement leur présence avec un son massif, soigné et percutant. Leur set de six titres ne laisse aucun répit et montre toute l’étendue de leur univers musical, entre tension émotionnelle, puissance brute et structures progressives.
Leur concert débute avec « Soldiers of mercy », un morceau d’ouverture qui pose les bases : riffs lourds et rythmique millimétrée. S’enchaînent ensuite « Born in darkness », « Got », « Right Place », « New World » et enfin « Beyond the fear », tous exécutés avec une intensité remarquable. Les compositions sont à la fois denses et accrocheuses.
Mais s’il fallait retenir un moment fort du concert, ce serait sans doute la batteuse, véritable révélation scénique. Technique, précise et charismatique, elle impressionne à chaque break et n’hésite pas à lancer ses baguettes en l’air pour les rattraper en rythme, le tout sans jamais perdre la cadence.
Le public, de plus en plus nombreux au fil de l’après-midi, réagit au quart de tour, totalement embarqué par cette démonstration de force bretonne. Basaalt : un set carré, puissant et viscéralement vivant.

JADES

Avec Jades, l’énergie monte d’un cran. Ce trio 100 % féminin, formé de musiciennes venues d’un peu partout en France, livre un set intense dans un style plutôt Hard Rock. Sur scène, pas de place pour la retenue : ça joue fort, ça joue vite mais surtout, ça joue avec le sourire.
Mention spéciale à Noémie, la batteuse, véritable show-woman à elle seule. Entre deux morceaux, un petit incident technique survient du côté de la guitare. Pas de panique : elle saisit l’occasion pour meubler avec humour, improvisant un solo de batterie chanté à pleins poumons. Une façon de tenir le public en haleine tout en détendant l’atmosphère. Résultat ? La foule tape dans les mains en rythme. Un vrai moment de complicité.
Musicalement, Jades enchaîne les titres originaux avec conviction comme « Fire it up » ou « Be my freak », portés par Cherry, chanteuse/bassiste, au timbre affirmé et des lignes de basse bien rondes. Chaque morceau transpire la passion dans un esprit très live et très vrai.
En guise de bouquet final, le trio lâche une reprise explosive de « Born to raise hell » de Motörhead. Un clin d’œil parfait pour clore leur set, entre respect des légendes et revendication de leur place sur scène. Jades prouve que le rock au féminin peut être à la fois technique, fun, et redoutablement efficace. Un vrai coup de cœur du Hellfest Le Off.

DEATH STRUCTURE

Le ton s’assombrit sérieusement avec Death Structure, formation lilloise de Death Metal. Dès les premières secondes, la scène du Off est submergée par un mur de son massif. Le groupe impose son style sans détours : tranchant, brutal, mais parfaitement maîtrisé.
Sur scène, le quatuor défend avec ferveur son dernier album Le Déni, sorti en février 2025 (Ndlr : lire la chronique de l’album). Et ils ne viennent pas les mains vides car ce sont six titres tirés de cet opus qui sont joués. Chacun des morceaux déploie son lot de tensions, de breaks assassins et de riffs étouffants, tout en gardant un groove sombre qui ancre leur identité dans un Death Metal contemporain et technique.
Charly, le frontman, capte l’attention avec son regard intense, tandis que les musiciens assurent une performance sans failles. Les transitions sont fluides, le son est net et chaque titre laisse une empreinte sonore marquante.
Death Structure ne cherche pas à séduire, mais à imposer son monde et il y parvient haut la main. Un set lourd, noir, sans compromis, qui confirme que Le Déni n’est pas seulement un excellent album studio mais aussi un véritable monstre en live.

ATLAS ASHES

Autre groupe en provenance de Suisse, Atlas Ashes débarque sur la Mainstage 2 avec une énergie communicative.
Le groupe livre un set de six morceaux qui pioche aussi bien dans son 1er E.P avec « Help me out » que dans sa toute dernière production. Le public, déjà bien chauffé, est vite happé par leur Death Metal mélodique entraînant.
Le concert s’ouvre sur « Promises are lies », deuxième titre de leur premier album, qui met immédiatement tout le monde d’accord avec ses riffs acérés et ses breaks implacables. La suite du set est largement consacrée à leur excellent 1er album New World, sorti en début d’année 2025 dont ils défendent plusieurs morceaux avec une conviction sans faille (Ndlr : lire notre chronique de New world). Les compositions allient puissance brute et mélodies sombres créant un équilibre parfaitement calibré entre accessibilité et intensité. Mais c’est sans doute le dernier morceau « Women’s venom » qui marque le plus les esprits. Véritable hymne contre le patriarcat, le morceau est porté par une rage viscérale et un message fort. Le public réagit avec ferveur, porté par la présence scénique de Chloé, leur chanteuse, dont les growls impressionnants et le charisme naturel dominent la scène. Elle harangue, entraîne, et incarne une puissance libératrice qui fait mouche. Atlas Ashes prouve qu’on peut conjuguer engagement et technicité.

SOLAR ERUPTION

Il est 15h quand Solar Eruption investit la scène du Off en plein cœur de l’après-midi. Le soleil tape fort mais ce sont bien les Lillois qui déclenchent la vraie déflagration. Avec leur deathcore brutal et chirurgical, le groupe va littéralement scotcher un public pas encore totalement préparé à ce qui l’attend.
Le set démarre sur une note cinématographique avec « Welcome to the Demon’s house », l’intro monumentale de leur premier album sorti en 2023. La tension monte lentement, comme dans un film d’horreur, jusqu’à l’explosion immédiate du morceau suivant « Darkness comes home », issu de leur précédent EP, qui fait office de premier uppercut dans la fosse.
Le groupe propose neuf titres, principalement issus de The Demon’s house, auxquels s’ajoutent quelques anciens morceaux bien sentis… et une exclusivité : « Dead to me », tout juste dévoilé sur scène pour la première fois et sorti officiellement le 27 juin.
Sur scène, c’est carré, ultra technique, sans jamais tomber dans le démonstratif. La voix de Hunter assure une présence scénique impressionnante, tandis que les musiciens déroulent une rythmique lourde et rapide, avec une précision chirurgicale. On ne connaissait pas le groupe avant leur passage, mais une chose est sûre : ils nous ont bluffés.
Les États-Unis ont Lorna Shore, nous, on peut être fiers d’avoir Solar Eruption dans le paysage Deathcore hexagonal. Un groupe à suivre de très près qui a mis tout le monde d’accord à Clisson.

DOORSHAN

Avec Doorshan, on entre dans une autre dimension. Le quatuor électro-rock déboule sur scène avec une esthétique léchée, un son massif et une tension scénique immédiate. Et surtout, impossible de détourner les yeux de leur chanteuse charismatique, personnage magnétique qui déborde d’énergie.
Leur show s’articule autour de beats synthétiques lourds, de guitares abrasives et d’un chant qui oscille entre rage et sensualité. L’énergie qui se dégage est presque frénétique et ne laisse personne indifférent dans la fosse.
Au cœur du set, un moment fort lorsque la chanteuse lance « More women on stage » et invite toutes les femmes du public à monter sur scène. L’appel est entendu et la scène se transforme en fiesta pleine de joie et de solidarité.
Un imprévu vient par ailleurs jouer en leur faveur. March of Scylla, prévu juste après, est coincé sur la route à cause d’une panne. Résultat, Doorshan prolonge le plaisir avec deux morceaux supplémentaires, pour le plus grand bonheur d’un public déjà conquis.
Et pour clore ce moment de communion en beauté, le groupe lance dans la foule une licorne gonflable,  façon bouée de piscine, en demandant au public de « lui faire vivre son festival ». Débute alors un nouveau type de crowd surfing, version gonflable et joyeuse, qui fait éclater de rire toute la fosse.

DADABOVIC

Avec Dadabovic, la folie monte d’un cran et prend un virage franchement délirant. Ce groupe de Metal bien barré venu des Hauts de France, reconnaissable à ses tenues d’infirmiers, débarque sur scène comme si une salle de soins intensifs venait d’exploser en plein centre de Clisson. Le ton est donné : humour noir et théâtralité assumée sur des riffs qui cognent fort.
Mais celle qui attire immédiatement l’œil c’est leur chanteuse. Imprévisible avec ses mimiques, ses gestes désarticulés, ses rires étranges et ses interventions provocantes, elle évoque une version Metal d’Harley Quinn. Complètement déjantée, elle joue avec le public, fait des grimaces, ricane, hurle et ça marche. Le public rit, se lâche et entre dans ce jeu absurde avec un plaisir évident.
Musicalement, le set est principalement centré sur les titres de leur tout premier album. Les morceaux s’enchaînent avec efficacité, entre breaks lourds, refrains criés et riffs qui tordent les cervicales. On sent que derrière le délire se cache un vrai savoir-faire. Et comme si cela ne suffisait pas, vers la fin du show, le chanteur balance au micro avec le sourire  « Avec la fermeture de YouPorn, y’a forcément des frustrés… alors on va vous passer un film X ! » L’écran diffuse alors… un nanar maison complètement loufoque. En échange, le groupe demande au public de se dandiner dans la fosse, ce que les spectateurs font sans hésiter dans une ambiance à la fois absurde et euphorique. Ce qui se poursuit sur le dernier titre « Paul Pau » sur lequel la fosse est divisée en deux et lutte dans une battle où les chants du public se répondent en hurlant le refrain « Allez, allez Paul Pau ! Allez, allez Paul Pau! ».
Pour finir dans la cohérence totale du délire, le groupe quitte la scène en faisant la chenille parmi la foule. Une sortie à leur image : bruyante, grotesque mais totalement irrésistible.

FALLEN AT DAWN

Parmi les belles découvertes internationales de cette deuxième journée du Off, Fallen at dawn tire clairement son épingle du jeu. Les cinq musiciens montent sur scène avec une énergie débordante mais c’est surtout leur chanteur qui attire immédiatement les regards. Avec ses lunettes noires vissées sur le nez et sa veste customisée à l’effigie du groupe, ornée d’une rose stylisée, il affiche une attitude qui évoque irrésistiblement les frères Gallagher d’Oasis. Mais ne vous y trompez pas : ici, pas de Britpop. Fallen at dawn vient d’Espagne, et ce qu’ils balancent c’est un son Metalcore ultra efficace.
Sur scène, c’est la fusion entre intensité scénique et sincérité totale. Le frontman descend à plusieurs reprises dans la fosse, participe même à un circle pit et hurle ses textes en plein milieu du public, sans barrière, sans posture. Le lien est réel, vibrant et le public le lui rend bien. On sent que le groupe vit chaque note à 200 %.
Le set, carré et sans temps mort, enchaîne des morceaux où mélodie et violence cohabitent avec intelligence. Le tout culmine sur le dernier morceau accompagné de fumigènes qui viennent ajouter une touche spectaculaire à ce final déjà bien intense. Un nuage de fumée rouge s’élève alors que le groupe envoie ses dernières notes, comme une signature dans le ciel de Clisson.

LEFT BANK !

Avec Left Bank!, on plonge dans une ambiance bien différente : celle du skate-punk à l’ancienne, rapide, incisif et mélodique. Originaire de Nantes, le groupe assume pleinement ses influences 90’s, quelque part entre NOFX, Pennywise et Lagwagon. Et sur scène, ça se voit, ça s’entend et surtout ça se ressent.
Le groupe déboule à toute allure et balance ses titres sans pause, comme autant de petites décharges d’adrénaline. Pas de surenchère, juste du punk-rock à l’os, porté par une voix claire et des textes engagés. Comme le fait comprendre leur chanteur, écouter Left Bank! c’est être contre les extrêmes. Le public, très réceptif, saute en rythme. On sent que Left Bank! parle à une génération entière… voire à plusieurs. Un set intense, fédérateur et parfaitement exécuté.

BLACK PANTERA

Quand Black Pantera monte sur scène, on comprend vite qu’on va assister à un moment fort de cette deuxième journée du Off. Le trio brésilien, formé à Uberaba et composé de Charles Gama (chant/guitare), Chaene da Gama (basse) et du batteur Rodrigo « Pancho » Augusto, n’est pas là pour faire dans la dentelle. Leur Crossover Thrash engagé frappe fort, avec une énergie sans filtre et un discours percutant.
Le set est un déferlement de puissance et de détermination. Sur scène, les riffs sont lourds, la rythmique implacable et la voix de Charles, coiffé à la 2Pac, envoie les textes comme des coups de poing. Mais au-delà de la puissance sonore, ce sont surtout les messages que le groupe fait passer qui captivent. Racisme, violences, discriminations, les paroles ne mâchent pas leurs mots. Et ça résonne fort, très fort !
Le public du Hellfest le Off leur fait un accueil plus que chaleureux, répondant avec ferveur à chaque interpellation, criant, levant les poings, pogotant dans une ambiance électrique. Le groupe, visiblement ému par cette réception, le rend bien, multipliant les sourires et les remerciements.
En fin de concert, moment de communion totale : les trois musiciens posent pour une photo souvenir enroulés dans un drapeau français, sous les acclamations d’un public conquis. On sent qu’ils ont pris un pied monumental à jouer ici et l’enthousiasme est mutuel.
Black Pantera, c’est une claque musicale et humaine. Une rencontre marquante entre le Brésil et Clisson, sous le signe de la fureur, de la sincérité et du respect mutuel.

KILL THE PRINCESS

Quand Kill the princess monte sur scène, c’est une déflagration d’énergie et une déclaration féministe qui arrive sur Clisson. Derrière ce nom qui intrigue, se cache un quatuor de Rock alternatif aussi puissant que revendicatif, emmené par Ornella « Nell » Roccia, chanteuse et guitariste, aussi intense vocalement que magnétique scéniquement.
Dès les premières minutes, le ton est donné : ce ne sont pas des princesses qu’on vient applaudir mais des guerrières bien décidées à casser les codes. La frontwoman le dit d’ailleurs elle-même entre deux morceaux : « On ne veut pas tuer la princesse, mais plutôt l’image de la princesse. Elle peut très bien se débrouiller sans le prince charmant. » 
Le message est clair.
Sur scène, le groupe livre une dizaine de titres. Parmi les morceaux joués, on retrouve « Nightmare », « The weak man », « Dreamer kight » ou encore « Inanimate toy ». Mention spéciale à « Like a prayer », réinterprété dans une version survoltée, bien loin du Madonna d’origine. Les compos sont variées, tantôt lourdes, tantôt mélodiques, toujours portées par une production propre et une interprétation habitée. Nell passe de la douceur au cri avec une aisance déconcertante et l’alchimie entre les membres du groupe transpire dans chaque mesure. Les Kill the princess crient leur vérité et elles le font avec style et détermination. Un des sets les plus puissamment habités du Off, qui aura marqué autant par son fond que par sa forme.

DEAR SALLY

Avant le feu final, Dear Sally a pris possession de la scène pour offrir au public un moment suspendu, entièrement dédié à Evanescence. Ce tribute band ne se contente pas de rejouer les morceaux cultes du groupe américain. Il les incarne avec une intensité rare et une identité visuelle forte, directement inspirée de l’univers sombre et féerique de Tim Burton. Tous vêtus de marinières noires et blanches, les musiciens de Dear Sally semblent tout droit sortis d’un croquis gothique d’Edward aux mains d’argent. Leur esthétique, à la fois élégante et poétique, plonge instantanément la foule dans une ambiance unique à la croisée de la mélancolie et du rêve éveillé.
Musicalement, le groupe restitue avec précision l’âme d’Evanescence, porté par une chanteuse à la voix envoûtante, dont le timbre rappelle celui d’Amy Lee. Le set, composé d’une douzaine de morceaux, débute avec « Everybody’s fool », avant que « Going under » n’embrase le public, qui reprend le refrain à pleins poumons. Mais c’est dans la douceur des titres mélancoliques que Dear Sally touche le cœur. Avec « Lithium », puis surtout « My immortal », le temps semble s’arrêter. Le silence se fait quasi sacré, seul le chant aérien de la vocaliste résonne, et sur la gauche de la scène une larme roule sur la joue d’une jeune fille bouleversée par cette émotion partagée.
Le groupe a pioché dans toute la discographie d’Evanescence mais le set met clairement l’accent sur les deux premiers albums, les plus marquants. Pour conclure, « Bring me to life » déclenche une ultime vague d’enthousiasme dans un parking Leclerc désormais noir de monde. Un moment fort, entre nostalgie, passion et communion.

KRASHKARMA

Il est 20h15 quand Krashkarma fait irruption… depuis la foule elle-même ! Le duo californien ne fait rien comme tout le monde. Ralf Dietel, guitare en bandoulière et mégaphone à la main, traverse le public avec un regard déterminé tandis que Niki Skistimas, perchée sur sa batterie portative, martèle comme une tempête. L’intro est déjà une déclaration d’intention : le chaos sera total.
Ils invitent tout le monde à se rapprocher, à former une meute compacte. Le set s’ouvre avec « Wake them up », puis « Survive the afterlife » et « Falling to pieces ». Trois morceaux qui plantent le décor d’un Metal efficace mais surtout incandescent sur scène.
Très vite, Ralf prend la parole pour présenter le duo comme les White Stripes du Metal ou les Bonnie and Clyde de l’enfer et il faut avouer que l’image leur va comme un gant.
Le premier pogo éclate sur « The one who knocks » et ne cessera plus vraiment jusqu’à la fin.
En tout, quinze morceaux seront joués, tirés de plusieurs albums, avec une majorité issue du dernier opus sorti en 2023. Le rythme est effréné et l’ambiance est électrique.
Moment fort : sur « Girl with a hammer », Niki brandit un gigantesque marteau factice et simule la destruction de ses cymbales dans un jeu de scène survolté. Elle confie alors son amour pour Motörhead, avant que le duo ne balance un combo « Killed by Death » / « Ace of Spades » qui transforme le parking du Leclerc en un pogo géant et hystérique.
Avant le final, ils prennent un instant pour souhaiter un joyeux anniversaire à leur manager Valentin, présent dans la foule, qui reçoit son ovation. Puis vient un medley explosif, mêlant Megadeth, Metallica, Anthrax et Iron Maiden, repris en chœur par les plus métalleux de la fosse.
Et enfin, pour conclure ce set dantesque, « Tears of Gasoline » embrase une dernière fois les cœurs et les jambes dans une ferveur collective. Krashkarma aura livré une véritable performance, autant musicale que physique, fun et fédératrice.

Cette deuxième et dernière journée du Hellfest Le Off 2025 aura été à la hauteur de toutes les attentes : de la sueur, du soleil, du son et surtout, une communion festive entre artistes et public. Deux jours intenses, entre découvertes, émotions, pogos et sourires. Une fin en apothéose pour deux jours de Off bouillonnants, avant de laisser place à l’enfer officiel. Clisson est déjà en feu et le Hellfest 2025 peut désormais commencer.

Lieu : PARKING LECLERC
Ville : Clisson (44)

Date : 18/06/2025