SOCIAL PROPHECY – « Tourments »
Formé en 2022 dans le sud-est de la France, SOCIAL PROPHECY fait partie de cette nouvelle génération de groupes qui n’hésitent pas à mélanger les codes du Metal alternatif moderne avec l’efficacité du Metalcore. En quelques années à peine, le quintet s’est déjà fait remarquer sur scène, notamment aux côtés de groupes comme While She Sleeps ou Rise of the Northstar et lors de festivals régionaux. Leur musique, nourrie d’influences contemporaines (Linkin Park, Bring Me the Horizon ou encore Architects) s’appuie sur des riffs massifs, des refrains accrocheurs et indéniablement une vraie dimension émotionnelle.
Le 6 mars 2026 marque une étape importante pour le groupe avec la sortie de Tourments, leur premier album, publié chez M&O Music. Quatorze titres pour poser les bases d’une identité déjà bien affirmée.
L’album démarre par « 3 A.M« , une introduction cinématographique qui installe une ambiance presque dystopique. Mais pas le temps de s’installer trop confortablement ! « Forever (And a day)« déboule immédiatement derrière avec ses riffs lourds et son refrain taillé pour rester en tête. Le morceau donne le ton : un Metal moderne, puissant mais toujours mélodique. C’est d’ailleurs ce mélange qui fait la force du groupe, capable d’alterner passages massifs et envolées plus sensibles.
Tout au long de l’album, SOCIAL PROPHECY enchaîne les titres avec une production solide et une vraie cohérence sonore. Les guitares d’Olivier Millet et de Mathis Lakermance sculptent des riffs épais pendant que la section rythmique tenue par William DeKerviler et Mathias Delacours assure une base béton. Au-dessus de tout ça, la voix de Max Armandi navigue entre intensité et émotion, donnant une vraie profondeur aux morceaux. De plus, l’émotion n’est jamais loin non plus. Elle se glisse dans les mélodies et dans les nombreux arrangements en arrière-plan, où séquences et touches de piano viennent enrichir la palette sonore du groupe. Et « Crushed » en est sans doute le meilleur exemple (Ndlr : c’est notre coup de cœur).
Au milieu du disque, on retrouve également les deux autres singles « Unchanged » et « Silence« , déjà dévoilés en amont et qui confirment la capacité du groupe à écrire des morceaux efficaces. Plus loin, « No ending » agit comme une respiration bienvenue. C’est une douce parenthèse, presque une ballade, qui met en lumière la sensibilité du groupe.
L’album se referme avec « 534« , un morceau instrumental à l’ambiance cinématographique qui fait écho à l’intro et boucle le voyage avec élégance.
Au final, Tourments est un premier album solide, bien produit et surtout très équilibré. SOCIAL PROPHECY y pose les fondations d’un univers cohérent, oscillant entre puissance et mélancolie. Et quand on sait que Tourments signifie une très grande souffrance physique ou morale, on peut se demander si ce disque n’est pas justement l’exutoire parfait pour transformer ces tensions en quelque chose de cathartique. Une chose est sûre : si c’est ça leur manière d’exprimer leurs tourments, on est plutôt partants pour entendre la suite.

